Frère et sœur d’Arnaud Desplechin

Sur une banale route de campagne, un couple de personnes âgées est témoin d’un accident. Alors qu’ils portent secours à une jeune femme blessée au volant de sa voiture, un camion, surpris par l’accident, vient percuter à nouveau le véhicule. La jeune femme est tuée sur le coup, le couple lui s’en sort grièvement blessé. Ils sont alors transportés à l’hôpital, lui encore conscient mais sa femme déjà dans le coma et dans un état critique.

Alice (Marion Cotillard) apprend l’accident de ses parents au moment où elle doit entrer en scène. Elle décide de jouer malgré tout et livre une prestation éblouissante. La représentation terminée, elle se précipite à l’hôpital auprès de son père qui rapidement, parce qu’il craint le décès prochain de sa femme, lui demande de contacter Louis (Melvil Poupaud), son fils et le frère d’Alice. Cette dernière rechigne à appeler son frère mais le fait prévenir par d’autres.

Louis et Alice ne se parlent plus depuis plus de vingt ans. Pourtant, quand elle commençait sa carrière d’actrice et lui celle d’écrivain, ils étaient proches. Puis, ils se sont fâchés sans raison véritable et la mort prématuré du fils de Louis a définitivement annihilé toute tentative de réconciliation. A présent, ils sont deux ennemis qui vont devoir affronter en famille la disparition de leur mère.

En lisant les quelques compte-rendu sur le film, suite à sa projection au festival de Cannes, je m’étais fait une image fausse du film. Je croyais que Louis utilisait sa sœur comme personnage récurrent dans ses romans, ce qui avait fini par provoqué la dispute entre le frère et la sœur, cette dernière ne supportant plus ce que son frère sous couvert de la fiction écrivait sur elle. Si la première moitié du film semble suivre cet arc narratif, avec un Mevil Poupaud parfait dans le rôle de l’écrivain vampiriste et Marion Cotillard celui de la victime exposée, dans la seconde partie du film cette explication prend le large.

Il apparait alors que les raisons de la dispute sont difficiles à établir : jalousie ? insécurité devant le succès de l’autre ? Les deux protagonistes avouent eux-mêmes qu’ils ne le savent pas et qu’ils n’arrivent plus vingt ans après les faits à se souvenir du moment où la séparation a été effective. Dès lors, que reste-il ? Deux êtres accablés par les psychoses, se noyant lui dans la boisson, elle dans les anxiolytiques. Deux artistes en proie au doute et ne trouvant pas bien leur place entre le monde médiatique et celui bien réel de leur famille.

Les deux acteurs excellent dans l’incarnation de ces deux individualités. Marion Cotillard aime les personnages torturés, elle est parfaite dans le rôle d’Alice, actrice de théâtre (de tragédie, il ne peut en être autrement) qui porte sur elle toute la troupe et toute la pièce. Sorte de mère courage de la scène, que rien ne fait renoncer à la scène. Quant à Melvil Poupaud, il incarne le figure de l’écrivain solitaire qui se terre loin de la civilisation pour écrire (et retaper seul sa maison) mais qui parfois doit réintégrer le monde et jouer, si possible à la perfection, son rôle. On ne peut pas parler de caricature, car, comme je le disais précédemment, les deux acteurs jouent parfaitement. Par contre, on est clairement dans le stéréotype : de l’art, des relations familiales, du deuil. Tout cela n’est pas inintéressant, reste que on a parfois l’impression de réchauffé.

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