The Matrix Resurrections

Thomas Anderson (Keanu Reeves) est sujet à la dépression. Il est certes le concepteur d’une série de jeux vidéo à succès, The Matrix, mais sa vie sonne creuse, et son succès ne lui apporte aucune plénitude, malgré les encouragements de son associé, un vrai business man lui (Jonathan Groff). Les meilleurs moments de ses journées ont lieu au coffee shop non loin de la tour de bureaux où il travaille, lorsqu’il voit Tiffany (Carrie-Ann Moss), mère de famille, la quarantaine, qui vient commander des cafés à emporter, et dont il s’est inspirée pour son personnage de Trinity. Ce vide, ce sentiment d’inaccompli, cette dépression larvaire fait que Thomas a du mal à distinguer la réalité de la vie qu’il s’imagine et qu’il a investi dans son jeu, où lui-même est Neo, ce qui le pousse à consulter un psy (Neil Patrick Harris), qui lui prescrit des pilules bleues pour calmer ses angoisses et surtout ses épisodes hallucinatoires, ses crises au cours desquels il pense vraiment que la réalité n’est qu’une illusion et que son jeu vidéo est la réalité. La « vie » continue donc, jusqu’à ce qu’un nouveau bug n’ait lieu dans la Matrice…

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Top 3 de nos films préférés en 2021

Année pauvre pour le cinéma pour les Boggans : le troisième confinement au printemps, la pauvreté des sorties et puis soudainement, à l’automne, une pléthore de films qui ne bénéficie pas toujours de sorties idoines (pas de vo et uniquement des vf, ce qui est rédhibitoire, peu de dates et une présence en salle trop courte), ce qui nous empêche d’aller les voir.

Et puis il faut bien l’avouer : beaucoup de films ne sont clairement pas faits pour nous. Enfin, dernier facteur, nous avons moins de temps à rester devant un écran, donc nous sommes plus exigeants a priori (même si on en réalité on continue de se farcir les bonnes vieilles bouses hollywoodiennes, histoire de continuer notre analyse de la manière dont Hollywood contribue à enraciner dans la société américaine et mondiale ce contre quoi elle prétend lutter). Après ces considérations aussi inutiles qu’ennuyeuses, il est temps de lever le voile (hi, hi) sur notre trop 3, donc, au lieu du top 10 habituel.

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Dune de Denis Villeneuve

Le Padishah Empereur Shaddam IV a tranché : la maison Atréides, en la personne de son dirigeant, le duc Leto (Oscar Isaac), dirigera comme son fief la planète Arrakis, parfois surnommée « Dune », clé de la prospérité et de l’existence de l’empire puisqu’elle recèle la précieuse « épice » qui permet aux navigateurs de la Guilde de voyager dans l’espace. Conscient que derrière cet honneur se cache un piège, le duc ne peut faire autrement que d’accepter, acceptant aussi de nourrir l’hostilité de la maison Harkonnen qui dirigeait et exploitait Arrakis jusqu’alors. Au moment où le héraut de l’Empereur arrive, le duc s’entretient également avec son épouse, Jessica (Rebecca Fersuson), et avec son fils, Paul (Thimotée Chalamet), partageant ses craintes, mais aussi ses espoirs. Pour Paul, le départ de la planète Caladan pour les sables de la mystérieuse Arrakis et ses étranges habitants Fremen, augure de grandes et terribles choses dont il rêve depuis quelques temps…

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Don’t Look Up d’Adam McKay

C’est une nuit comme les autres pour la doctorante en astrophysique à la Michigan State University Kate Diabiasky (Jennifer Lawrence) qui scrute les écrans des ordinateurs de l’observatoire Subaru lorsque, soudain, elle remarque un objet géo-croiseur (Near-Earth Object). Avec son directeur de thèse, le Dr. Randall Mindy (Leonardo DiCaprio), qu’elle prévient aussitôt, elle calcule qu’il s’agit d’une météorite qui entrera en collision avec la Terre dans un peu plus de six mois, provoquant une extinction de masse. Les deux scientifiques n’ont alors de cesse que de vouloir alerter d’abord les autorités scientifiques (la Nasa, notamment) puis surtout les pouvoirs politiques et, enfin, l’opinion publique pour faire face à la catastrophe annoncée.

Mais voilà : les deux astronomes se heurtent alors à pire qu’un mur, à l’incompétence, l’idiotie, la superficialité, l’inattention et l’avarice de la société capitaliste, médiatique et financière. The show must go on.

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Cosmopolis de David Cronenberg d’après Don DeLillo

Le travail de Cronenberg m’intéresse en général. Je ne suis pas fanatique, ayant trouvé ExistenZ inintéressant, mais en général Cronenberg sait faire des films qui interpellent. J’avais évidemment aimé La Mouche; j’ai été fasciné par cet objet de folie sur pellicule qu’est Spider. Et puis, bien sûr, ses deux films récents, A History of Violence et Les Promesses de l’ombre. (H. a vu A Dangerous Method qu’elle a trouvé ridicule). Que peut-on dire du cinéma de Cronenberg? Qu’il est centré sur deux questions: la normalité et la monstruosité et, évidemment de la dialectique entre ces deux concepts.

Ainsi, donc, Cosmopolis (le roman comme le film) est l’histoire de la chute d’un golden boy de Wall Street, Eric Packer (Robert Pattinson), un multimillionnaire ayant fait fortune avec sa start-up, propriétaire d’un appartement de 48 chambres avec deux ascenseurs dont un où l’on entend la musique d’un rappeur sufi, propriétaire d’un ancien bombardier soviétique et qui est fiancé à l’héritière d’une grande famille fortunée européenne. On le suit au cours d’une journée, à bord de sa limousine, car il veut traverser la ville pour aller se faire couper les cheveux alors que New York est en proie à de violentes manifestations d’antimondialistes, à la visite du président et aux funérailles d’un rappeur, le tout bloquant totalement la circulation. Et dans ce chaos, le chef de la sécurité d’Eric est inquiet: le « Complexe » (le QG de la sécurité) le met en garde: une menace crédible mais mal identifiée aurait pris Eric pour cible…

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