Alien: Covenant de Ridley Scott.

Dans l’espace, personne ne vous entendra réfléchir.

En 2093 (ou peu avant), un androïde (Michael Fassbender) s’éveille à la conscience et découvre son créateur, Peter Wayland (Guy Pearce), sorte de magnat, PDG de la Weyland Corp. et démiurge mégalomaniaque, comme de bien entendu. Apercevant la statue de Michel-ange, l’androïde choisit donc de se nommer David. Peter Wayland lui révèle alors qu’ensemble ils vont découvrir l’origine de l’homme — Dieu.

En 2104 de notre ère, le vaisseau Covenant traverse les sombres étendues galactiques avec à son bord 2 000 colons en hibernation et 1 400 embryons humains dans le but de coloniser une planète lointaine, Origae-6. Alors que l’androïde de bord, Walter (Michael Fassbender), surveille le tout, l’IA du vaisseau ne détecte que trop tard une explosion de neutrinos accompagnant la naissance d’une étoile et qui endommage gravement le Covenant, provoquant plusieurs avaries à bord, faisant dysfonctionner plusieurs systèmes. Walter ordonne alors à l’IA de réveiller l’équipage, mais le capitaine du vaisseau est tué dans l’incendie de son pod d’hibernation.

Dévasté, désemparé, sans chef, l’équipage répare le vaisseau tandis que l’IA capte un signal de détresse émis depuis une planète inconnu mais qui semble proche… et habitable. Le nouveau capitaine, Oram (Billy Crudup), un homme de foi qui voit dans la découverte de cette planète un signe de la Providence, décide, contre l’avis de la veuve du précédent capitaine, Daniels (Katherine Waterston), de répondre à cet appel et de se diriger vers la planète… Lire la suite

Ca ira (1) : fin de Louis de Joël Pommerat au théâtre des Quinconces au Mans

France, maintenant. Le déficit du budget de l’Etat atteint des sommets, il vient s’ajouter à une dette devenue insupportable. Cet endettement est d’autant plus grave que le système fiscal actuel est totalement injuste et que le poids de cette dette repose sur les plus modestes qui travaillent pour payer des impôts tandis que les plus grandes fortunes elles bénéficient de nombreuses exemptions en tous genres et profitent de la dette en spéculant dessus.

Mais il y aussi cet état de délitement des institutions qui génère un sentiment montant de frustration et de colère : emplois réservés à une catégorie de population déjà privilégiée qui ferme toute possibilité d’ascension aux autres pour être sûre de se maintenir dans ses prérogatives, Etat gangrené par des personnes qui s’en servent, se servent plutôt qu’elles ne servent, multiplication des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Un grand changement est nécessaire. Urgent. Indispensable. Heureusement, le bon roi Louis, conseillé par son premier ministre réformateur, a appelé la réunion des Etats généraux… Lire la suite

Captain Fantastic de Matt Ross

Dans les montagnes couvertes de forêts du Nord-Ouest américain, le long de la côte du Pacifique, Ben (Vigo Mortensen) et son épouse, Leslie, ont élevé leurs enfants — Bodevan, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai — retirés de la société et en application de leur idéologie, mélange de socialisme, sous toutes ses formes, et de survivalisme. Ils voulaient en effet en faire des « philosophes-rois » tout droit sortis des pages de Platon, autant capables de chasser le daim et de le dépecer, de soigner une fracture ouverte que de débattre de physique quantique, de s’engueuler en esperanto, de jouer de la musique autour d’un feu de camp ou de mener des séances de yoga.

Mais le film commence alors que Leslie, internée en hôpital psychiatrique, est morte, ayant perdu son combat contre sa maladie mentale (il semblerait qu’elle ait été bipolaire) et s’étant donc suicidée.  Dès lors, Ben décide d’emmener ses enfants jusqu’au Nouveau Mexique où les parents de Leslie ont décidé qu’elle y serait enterrée (et ce contre sa volonté). Embarquant toute sa progéniture dans un vieux bus scolaire déglingué, il décide en même temps d’en faire une leçon de choses en confrontant ses enfants au « monde réel », ce qui va le forcer à lui-même reconsidérer sa vision des choses… Lire la suite

The Color Line. Les artistes africains-américains et la ségrégation au musée du Quai Branly

L’exposition programmée au Musée du Quai Branly avait pour objectif d’interroger le rôle que l’art avait joué « dans la quête d’égalité et d’affirmation de l’identité noire » des Africains-Américains. Un objectif ambitieux dans le cadre d’une exposition, qui allait se confronter à deux difficultés difficilement surmontable : d’une part l’écueil du catalogue ou quand une exposition ambitionne de faire un panorama artistique sur une durée longue (un siècle), elle ne peut échapper au catalogage d’artistes et de courants divers si bien que rapidement le visiteur ne voit plus rien. D’autre part l’écueil de l’illustration historique ou quand les œuvres ne sont vues non pas en tant qu’œuvre unique mais comme support d’une thématique plus large, l’approche devient alors plus historique qu’artistique. La majorité des expositions se focalise sur un courant ou un artiste, éventuellement sur une période artistique marquante dans l’histoire mais rarement sur une période aussi longue car plus vaste est l’ambition, plus certain est le risque de plantage. Lire la suite

Sherlock (saison 4) de Mark Gatiss & Steven Moffat

Après être revenu d’entre les « morts » dans la précédente saison et avoir fait le bouffon puis tué de sang -froid un milliardaire maître chanteur, Sherlock (Benedict Cumberbatch) fait donc un rêve dans lequel il résout une affaire à l’époque victorienne (dans un final à la Agatha Christie fait de suffragettes qui se veut un hommage aux femmes, I presume) avant de revenir au temps présent, fait de pouponnage pour Watson (Martin Freeman) et son épouse ancienne espionne, Mary (Amanda Abbington), et de se ré-atteler, à la demande du pauvre Lestrade toujours dépassé (Rupert Graves), à la résolution de mystères plus difficiles les uns que les autres… pour culminer par le mystère le plus difficile de tous, celui qui va confronter Sherlock aux démons de son propre passé. The game is on. 

Or is it? Lire la suite