The Rider de Chloé Zhao

Brady (Brady Jandreau) se réveille après avoir été opéré. Il découvre son nouveau visage, le pansement sur son crâne et l’énorme cicatrice. Jeune cowboy, il a subi un accident lors d’un rodéo. Les médecins lui disent qu’il doit arrêter la compétition. Mais pour Brady, monter à cheval, participer à des rodéos, ce n’est pas simplement une passion, c’est une manière de vivre, car, après tout, dans cette réserve indienne du Dakota du Sud, il n’y pas grand chose voire rien à faire. Alors Brady va tenter de donner un nouveau sens à sa vie, avec son père Wayne (Tim Jandreau), un ancien cowboy également qui vivote, et sa petite soeur Lilly (Lilly Jandreau), qui est autiste, depuis leur petite caravane sordide posée sur la plaine. En posant un regard neuf sur les siens et son monde, Brady va entraîner le spectateur dans cette vie du Dakota du Sud et nous faire découvrir son univers et nous faire vivre son amour des chevaux. Lire la suite

Publicités

Hostiles de Scott Cooper

1892, Fort Derringer, Nouveau Mexique. Le capitaine de l’armée américaine Joseph Blocker (Christian Bale) est un vétéran des guerres indiennes. Il reçoit l’ordre de former une escorte pour accompagner le chef cheyenne Yellow Hawk (Wes Studi) et sa famille jusque dans leurs terres ancestrales dans le Montana. L’ordre vient du président en personne, car le vieux chef se meurt d’un cancer et, même si cela lui coûte, Joseph ayant perdu plusieurs hommes à cause de Yellow Hawk, il est contraint d’obéir. Alors que l’escorte quitte le fort, la confrontation entre les deux anciens criminels de guerre semble inévitable. Pourtant, bien vite la petite troupe tombe sur les restes calcinées d’une ferme et découvre la seule survivante, Rosalee (Rosamund Pike), à moitié folle d’avoir perdu son mari et ses enfants. Les Cheyennes identifient aussitôt la marque des Pawnees. Il apparaît alors que la traversée du pays à cheval va devenir une odyssée face aux multiples dangers et qu’elle va forcer les deux hommes et cette femme à interroger l’origine de leur haine réciproque et le fondement de leurs relations. Lire la suite

Wolf Hall de Peter Kosminsky

Octobre 1529. York Place, Londres. Des cavaliers s’approchent au galop au petit matin. Ils sont envoyés par le roi d’Angleterre pour destituer le cardinal Wolsey (Jonathan Pryce) de son poste de Lord Chancellor. Ce dernier a en effet failli à Henri VIII (Damian Lewis) qui voulait obtenir le consentement du Pape pour divorcer de son épouse Catherine d’Aragon (Joanne Whalley). Régnant sur l’Angleterre et marié depuis 20 ans, il n’a toujours pas d’héritier mâle. Ayant rencontré Anne Boleyn (Claire Foy) à la cour, il s’est entiché d’elle et veut l’épouser. Se persuadant que son mariage avec Catherine était une erreur (elle avait d’abord été l’épouse de son frère et ce n’est qu’en obtenant une dispense papale à la légitimité douteuse qu’il avait pu l’épouser), il veut à présent obtenir un divorce. Mais Catherine est la sœur de l’empereur Charles Quint qui a la main mise sur le pape depuis le sac de Rome deux ans plus tôt. Dès lors, le chancelier d’Henri VIII, le cardinal Wolsey (Jonathan Pryce), a le plus grand mal à obtenir du pape ou des cardinaux la fameuse autorisation de divorce.  Au milieu de ces intrigues des puissants, Thomas Cromwell (Mark Rylance), fils d’un forgeron, est devenu un familier du cardinal. Ambitieux, intelligent, taciturne, il se montrera un serviteur loyal et habile, qualités qui auraient dû lui coûter sa carrière (voire la vie) mais que bientôt Henri va récompenser en l’appelant près de lui et d’Anne. De là, Cromwell va devenir le rouage central de l’Etat anglais, la cheville ouvrière du schisme avec la papauté en 1534.  Lire la suite

La forme de l’eau (The Shape of Water) de Guillermo del Toro

Dans l’Amérique du début des années 1960, Elisa Esposito (Sally Hawkins) est une jeune femme muette qui travaille comme femme de ménage dans une laboratoire secret gouvernemental où de mystérieuses expériences sont menées pour chercher des armes contre les Soviétiques. Célibataire et solitaire, elle vit dans un petit appartement et son quotidien est fait de rituels répétés chaque jour. Ses deux seuls amis sont son voisin, un peintre pour publicités, Giles (Richard Jenkin), tout aussi solitaire qu’elle, qui ne vit qu’avec ses chats, et sa collègue de travail Zelda (Octavia Spencer). Ce quotidien banal qu’elle emplit d’émerveillement est bouleversé lorsque arrivent au laboratoire le terrible colonel Richard Strickland (Michael Shannon) et une créature humanoïde amphibienne (Doug Jones) qu’il a capturé en Amazonie et dont il rêve de faire le futur homme dans l’espace. Bien vite, à l’insu du colonel, Elisa, grâce au langage des signes, noue une relation d’abord prudente puis amicale avec la majestueuse et noble créature, relation qui tournera bientôt à l’amour et au drame… Lire la suite

Twin Peaks: the Return de David Lynch (& Mark Frost)

Le rendez-vous avait été pris : 25 ans après. Laura Palmer et Dale Cooper sont destinés à se revoir. « You will see me again in 25 years », lui avait-elle promis ou prophétisé dans la loge noire aux rideaux rouges. Et ainsi Lynch a tenu promesse. Mais de quelle promesse s’agit-il ?

Car ceci n’est pas Twin Peaks. Il ne s’agit pas d’une troisième saison, car ce n’est pas une suite et encore moins un « reboot » (ce nom affreux qui désigne la défaite voire la négation de la créativité). Ce n’est pas non plus un spin-off (même si les premiers épisodes en donnent l’impression et l’on se demande si on ne va pas voir une série sur Mr. C. alias le doppelganger de Cooper).

Bien sûr, Lynch ne pouvait pas, pas lui, faire une simple suite. Cela aurait été tellement trivial, tellement à l’encontre de ce qu’il est. Et de fait Twin Peaks: the Return est d’ailleurs bien mal nommé. Il aurait fallu titrer Beyond Twin Peaks. Car c’est ce que propose David Lynch : d’aller au-delà de la série pour explorer quelque chose d’encore plus déconcertant, d’encore plus onirique, d’encore plus fort — et, dès lors, courir le risque du ratage voire de l’imposture . Lire la suite