The Leftovers (saison 3) de Damon Lindelof

Après que l’Enfer se soit déchaîné à la fin de la saison précédente, la vie semble avoir repris son cours « normal » à Jarden, Miracle Park, Texas. Kevin (Justin Theroux) et Nora (Carrie Coon) mènent en apparence une vie de couple heureuse tandis que John (Kevin Carroll) et Laurie (Amy Brenneman), l’ex-femme de Kevin, forment un nouveau couple après la séparation des Murphy suite à la disparition de leur fille, Evie (Evangeline Savoy Brown) à la fin de la saison 2, un couple qui carbure à l’arnaque médium. Lors d’une soirée organisée chez Kevin et Nora, tout ce petit monde se retrouve, y compris Matt (Christopher Eccleston), le prêtre, frère de Nora, ainsi que les deux enfants de Kevin, Jill (Margaret Qualley) et Tom (Chris Zylka), devenu lui aussi flic à Jarden. Bref, les familles sont réunies, on se raconte des histoires — le bonheur, en somme. Or is it?

Mais bien vite, la « normalité » laisse la place aux psychoses : Kevin s’amuse à s’étouffer avec un sac plastique, Nora  est en réalité toujours obsédée par ses enfants disparus le jour du Ravissement dont le septième anniversaire approche (voir ce que j’en avais (pré)dit ) et Matt… ah… Matt… hé bien Matt est occupé à écrire, voyez-vous, à écrire le Nouvel Evangile…

Car, cette saison, Kevin porte la barbe. Lire la suite

Scalp : la funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage, de Hugues Micol

Cette histoire sanglante commence à Jackson County, dans l’Arkansas, en 1830. Un père raconte à son fils un conte à propos de trois jeunes gens qui ont été conduits à leur perte par la cupidité. Avec cette parabole, ce père très dévot cherche à enseigner les vertus chrétiennes à son fils, John. Quelques années plus tard, à Gonzales, Texas, en 1835, John, devenu un jeune homme, est le témoin à la fois du nationalisme texan anti-mexicain et des raids des Indiens qui violent les femmes blanches, dont, peut-être sa future promise.

Onze ans plus tard, en 1846, John Glanton est devenu un vrai pistoleros, connu et redouté dans tout le Texas et au-delà. Car entre temps, après avoir enterré la femme violée par les Indiens, et après une nuit de beuverie et de jeux en ayant volé son père, John a été recruté par un Texas Ranger, Robert « Mustang » Gray, qui a exploité le tempérament colérique de John pour le transformer en une véritable machine à tuer au service du Texas et de la « civilisation ». Glanton participa ainsi à la révolution texane, à la guerre contre les Mexicains, et aida à établir la République indépendante du Texas. Mais une fois celle-ci obtenue, sa violence aveugle devint gênante et en 1849, Glanton et sa troupe partirent pour le Nouveau Mexique où ils furent recrutés pour tuer des Indiens, à 200$ le scalp. La plongée vers la violence absolue commença… Lire la suite

Alien: Covenant de Ridley Scott.

Dans l’espace, personne ne vous entendra réfléchir.

En 2093 (ou peu avant), un androïde (Michael Fassbender) s’éveille à la conscience et découvre son créateur, Peter Wayland (Guy Pearce), sorte de magnat, PDG de la Weyland Corp. et démiurge mégalomaniaque, comme de bien entendu. Apercevant la statue de Michel-ange, l’androïde choisit donc de se nommer David. Peter Wayland lui révèle alors qu’ensemble ils vont découvrir l’origine de l’homme — Dieu.

En 2104 de notre ère, le vaisseau Covenant traverse les sombres étendues galactiques avec à son bord 2 000 colons en hibernation et 1 400 embryons humains dans le but de coloniser une planète lointaine, Origae-6. Alors que l’androïde de bord, Walter (Michael Fassbender), surveille le tout, l’IA du vaisseau ne détecte que trop tard une explosion de neutrinos accompagnant la naissance d’une étoile et qui endommage gravement le Covenant, provoquant plusieurs avaries à bord, faisant dysfonctionner plusieurs systèmes. Walter ordonne alors à l’IA de réveiller l’équipage, mais le capitaine du vaisseau est tué dans l’incendie de son pod d’hibernation.

Dévasté, désemparé, sans chef, l’équipage répare le vaisseau tandis que l’IA capte un signal de détresse émis depuis une planète inconnu mais qui semble proche… et habitable. Le nouveau capitaine, Oram (Billy Crudup), un homme de foi qui voit dans la découverte de cette planète un signe de la Providence, décide, contre l’avis de la veuve du précédent capitaine, Daniels (Katherine Waterston), de répondre à cet appel et de se diriger vers la planète… Lire la suite

Ca ira (1) : fin de Louis de Joël Pommerat au théâtre des Quinconces au Mans

France, maintenant. Le déficit du budget de l’Etat atteint des sommets, il vient s’ajouter à une dette devenue insupportable. Cet endettement est d’autant plus grave que le système fiscal actuel est totalement injuste et que le poids de cette dette repose sur les plus modestes qui travaillent pour payer des impôts tandis que les plus grandes fortunes elles bénéficient de nombreuses exemptions en tous genres et profitent de la dette en spéculant dessus.

Mais il y aussi cet état de délitement des institutions qui génère un sentiment montant de frustration et de colère : emplois réservés à une catégorie de population déjà privilégiée qui ferme toute possibilité d’ascension aux autres pour être sûre de se maintenir dans ses prérogatives, Etat gangrené par des personnes qui s’en servent, se servent plutôt qu’elles ne servent, multiplication des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Un grand changement est nécessaire. Urgent. Indispensable. Heureusement, le bon roi Louis, conseillé par son premier ministre réformateur, a appelé la réunion des Etats généraux… Lire la suite

Captain Fantastic de Matt Ross

Dans les montagnes couvertes de forêts du Nord-Ouest américain, le long de la côte du Pacifique, Ben (Vigo Mortensen) et son épouse, Leslie, ont élevé leurs enfants — Bodevan, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai — retirés de la société et en application de leur idéologie, mélange de socialisme, sous toutes ses formes, et de survivalisme. Ils voulaient en effet en faire des « philosophes-rois » tout droit sortis des pages de Platon, autant capables de chasser le daim et de le dépecer, de soigner une fracture ouverte que de débattre de physique quantique, de s’engueuler en esperanto, de jouer de la musique autour d’un feu de camp ou de mener des séances de yoga.

Mais le film commence alors que Leslie, internée en hôpital psychiatrique, est morte, ayant perdu son combat contre sa maladie mentale (il semblerait qu’elle ait été bipolaire) et s’étant donc suicidée.  Dès lors, Ben décide d’emmener ses enfants jusqu’au Nouveau Mexique où les parents de Leslie ont décidé qu’elle y serait enterrée (et ce contre sa volonté). Embarquant toute sa progéniture dans un vieux bus scolaire déglingué, il décide en même temps d’en faire une leçon de choses en confrontant ses enfants au « monde réel », ce qui va le forcer à lui-même reconsidérer sa vision des choses… Lire la suite