Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Suite au suicide de sa mère, Lucile, l’auteur-narrateur-personnage principal (et accessoirement narcissique), Delphine de Vigan décide d’écrire un récit (difficile de parler de roman) sur sa mère, depuis son enfance (?) jusqu’à sa vie d’adulte. Pour nourrir son récit, elle utilise les carnets intimes que Lucile écrivait à l’adolescence, interroge ses proches pour connaitre certains détails sur son passé familial et surtout mobilise ses propres souvenirs de cette mère malade. Un livre exécutoire pour mieux comprendre cette femme bipolaire. Lire la suite

Les Chroniques de Zhalie de Yan Lianke

Tout commence par une prophétie : Kong Dongde fit son retour à Zhalie après douze années passées en prison et alors que tous le considéraient comme mort. Quinze jours après son retour, il convoqua ses fils et leur prédit la fin des familles Zhu et Cheng et la prospérité pour la famille Kong. Ensuite, il leur intima l’ordre de sortir : « Allez vers l’est, l’ouest, le sud et le nord – sans vous retourner, droit devant vous, et si vous trouvez quelque chose, ramassez-le, ce sera votre destin en cette vie. » Kong Mingguang, l’aîné, alla vers l’est ; Kong Mingliang, le second, vers l’ouest, Kong Mingyao, le troisième, vers le sud et Kong Minghui, le dernier, alla vers le nord. Kong Mingliang fut le premier à rencontrer son destin, en la personne de Zhu Ying, la fille du chef de village qu’il décida donc épouser pour prendre la place de son père. L’aîné trouva à l’est une plume et comprit qu’il devait devenir instituteur, le numéro 3, rencontra un convoi militaire et décida de devenir soldat.

Pour mettre son plan à exécution, Kong Mingliang devait dans un premier temps se débarrasser du chef du village, puis prendre sa place et épouser sa fille. Une fois propulsé chef de Zhalie, il n’appartenait qu’à lui de faire prospérer le village… jusqu’à en faire une mégapole. Lire la suite

J’ai toujours ton coeur avec moi de Soffía Bjarnadóttir

A la mort de sa mère Siggy, Hildur hérite d’une petite maison jaune sur l’île de Flatey (en Islande). Elle a toujours entretenu des liens difficiles avec Siggy, une femme excentrique et bipolaire. Quittant la Finlande pour faire le voyage vers Flatey, Hildur entame son deuil : elle se souvient des moments pénibles avec sa mère, mais commence également à se souvenir des moments plus heureux. Presque naturellement, elle en a vient à repenser sa propre vie à l’ombre de celle de Siggy et à se rapprocher de cette femme à jamais disparue.  Lire la suite

L’Embellie d’Auður Ava Ólafsdóttir

La narratrice de ce roman est une femme qu’on décrirait comme d’«âge mûr», exerçant à domicile le métier de traductrice et vivant en couple depuis de nombreuses années, sans enfant car elle n’a jamais souhaité en avoir contrairement à son mari qu’elle trompe occasionnellement avec un autre homme. Son mari la quitte car il souhaite être père  et qu’il a rencontré une jeune femme qui porte son enfant. Devant l’adversité, elle refuse de baisser les bras et de sombrer dans la déprime, aussi elle accepte la proposition d’une amie, Audur, de partir quelques jours avec son fils, Tumi. Audur est enceinte de jumeaux, sa grossesse ne se passe pas bien, et elle souhaiterait quelques jours de calme sans Tumi. Bien que notre narratrice ait toujours pensé ne pas être capable de s’occuper d’un enfant, elle accepte de se voir confier Tumi et de partir à l’aventure avec lui, alors qu’elle ne le connait pas. Tumi souffre de problèmes auditifs et visuels, les premiers jours elle a du mal à lui parler, puis peu à peu les deux individus s’apprivoisent.  Lire la suite

The Lazarus Project d’Aleksandar Hemon

Le 2 mars 1908, Lazarus Averbuch, un juif ukrainien de 19 ans, est tué dans des circonstances étranges par le chef de la police de Chicago, George Shippy, au domicile de ce dernier. Il était installé depuis peu à Chicago avec sa sœur Olga, après avoir quitté sa terre natale pour fuir les pogroms (notamment celui de Kishinev en 1903). A l’époque, le discours officiel (des policiers et journalistes) décrivait Lazarus comme un anarchiste, venu au domicile du policier pour le tuer, mais sa sœur contesta cette version et affirma que son frère n’était pas un meurtrier. De nos jours, Vladimir Brik, un écrivain américain d’origine bosniaque découvre l’existence de Lazarus et décide de lui consacrer un roman. Vladimir peine depuis quelques temps à écrire, ce qui pèse sur ses relations avec sa femme, brillante neurochirurgienne. Suite à l’obtention d’une bourse d’écriture  et pour conjurer la malédiction de la page blanche, il décide de partir en Europe pour poursuivre ses recherches sur Lazarus en retrouvant les traces de ces ancêtres en Ukraine et en Moldavie.  Dans son périple, il est accompagné par un photographe de guerre bosniaque, Rora. En chemin, il est comme rattrapé par son passé, ce qui le pousse à quitter l’Ukraine pour se rendre en Bosnie, cette fois sur la trace de ses propres ancêtres. Lire la suite