Le rouge vif de la rhubarbe d’Auður Ava Ólafsdóttir

Ágústína est née avec un handicap physique et depuis elle ne peut se déplacer qu’avec l’aide de ses béquilles. Sa mère, chercheuse, est régulièrement absente, trop prise par son travail et son père n’est jamais revenu sur l’île depuis la nuit pendant laquelle elle a été conçue. Ágústína vit donc avec sa tante Nina et partage son temps entre l’école où elle vient de faire la connaissance de Salómon et la Montagne qu’elle envisage de gravir prochainement… Lire la suite

Publicités

Les Prépondérants d’Hédi Kaddour

Nahbès, Afrique du Nord, début des années 1920. Dans cette petite ville du Maghreb, qui endure la dure loi du protectorat français, une équipe de tournage venue des Etats-Unis s’installe dans le Grand hôtel de la ville pour y loger ses équipes et ses acteurs. Le quotidien de cette paisible ville va être un temps bouleversé par ses individus venus d’ailleurs qui regardent cette communauté de colons et de colonisés avec stupeur. Raouf et Rania sont cousins et représentent ce qu’on désigne communément par le terme de nouvelle génération. Raouf a fait ses études dans des écoles françaises (malgré l’origine douteuse de la fortune paternelle), envisage de les poursuivre à Paris en dépit de son intérêt pour les milieux communistes et indépendantistes de son pays. Rania est une jeune veuve, qui gère seule la ferme familiale, avec le soutien de son père mais au grand désarroi de son frère, qui voit d’un mauvais œil (et il n’est pas le seul) cette femme indépendante.  Ganthier est un colon, voisin de Rania, travaillant pour les Français mais ayant de sympathies de plus en plus franches (et condamnables aux yeux des colons) pour ses amis arabes. Tous les trois vont côtoyer le temps d’un tournage la célébrissime actrice Kathryn, son mari Neil, réalisateur, et la journaliste Gabrielle Conti, venue de Paris pour faire un reportage sur le tournage mais qui va bientôt rendre compte de la vie à Nahbès. Lire la suite

Entre ciel et terre de Jón Kalman Stefánsson

Bardur est un jeune pêcheur de morue, passionné de littérature. Alors qu’il s’apprête à partir en mer pour relever les lignes de pêche avec les autres membres de son groupe, Bardur s’inquiète de ne pas avoir retenu certains vers du Paradis perdu de Milton qu’un homme vient de lui prêter. Et dans sa précipitation, alors que ses compagnons embarquent sur le frêle bateau, il oublie sa vareuse. En pleine mer, le temps se dégrade soudainement, obligeant les hommes à interrompre leur travail et à rentrer précipitamment. Chacun revêt alors sa vareuse, à l’exception de Bardur qui prend alors conscience de son erreur. Un gamin, membre du groupe, s’en aperçoit également mais il ne peut que regarder Bardur affronter le froid hivernal et glisser progressivement vers l’autre monde…

Lire la suite

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Suite au suicide de sa mère, Lucile, l’auteur-narrateur-personnage principal (et accessoirement narcissique), Delphine de Vigan décide d’écrire un récit (difficile de parler de roman) sur sa mère, depuis son enfance (?) jusqu’à sa vie d’adulte. Pour nourrir son récit, elle utilise les carnets intimes que Lucile écrivait à l’adolescence, interroge ses proches pour connaitre certains détails sur son passé familial et surtout mobilise ses propres souvenirs de cette mère malade. Un livre exécutoire pour mieux comprendre cette femme bipolaire. Lire la suite

Les Chroniques de Zhalie de Yan Lianke

Tout commence par une prophétie : Kong Dongde fit son retour à Zhalie après douze années passées en prison et alors que tous le considéraient comme mort. Quinze jours après son retour, il convoqua ses fils et leur prédit la fin des familles Zhu et Cheng et la prospérité pour la famille Kong. Ensuite, il leur intima l’ordre de sortir : « Allez vers l’est, l’ouest, le sud et le nord – sans vous retourner, droit devant vous, et si vous trouvez quelque chose, ramassez-le, ce sera votre destin en cette vie. » Kong Mingguang, l’aîné, alla vers l’est ; Kong Mingliang, le second, vers l’ouest, Kong Mingyao, le troisième, vers le sud et Kong Minghui, le dernier, alla vers le nord. Kong Mingliang fut le premier à rencontrer son destin, en la personne de Zhu Ying, la fille du chef de village qu’il décida donc épouser pour prendre la place de son père. L’aîné trouva à l’est une plume et comprit qu’il devait devenir instituteur, le numéro 3, rencontra un convoi militaire et décida de devenir soldat.

Pour mettre son plan à exécution, Kong Mingliang devait dans un premier temps se débarrasser du chef du village, puis prendre sa place et épouser sa fille. Une fois propulsé chef de Zhalie, il n’appartenait qu’à lui de faire prospérer le village… jusqu’à en faire une mégapole. Lire la suite