Twin Peaks: the Return de David Lynch (& Mark Frost)

Le rendez-vous avait été pris : 25 ans après. Laura Palmer et Dale Cooper sont destinés à se revoir. « You will see me again in 25 years », lui avait-elle promis ou prophétisé dans la loge noire aux rideaux rouges. Et ainsi Lynch a tenu promesse. Mais de quelle promesse s’agit-il ?

Car ceci n’est pas Twin Peaks. Il ne s’agit pas d’une troisième saison, car ce n’est pas une suite et encore moins un « reboot » (ce nom affreux qui désigne la défaite voire la négation de la créativité). Ce n’est pas non plus un spin-off (même si les premiers épisodes en donnent l’impression et l’on se demande si on ne va pas voir une série sur Mr. C. alias le doppelganger de Cooper).

Bien sûr, Lynch ne pouvait pas, pas lui, faire une simple suite. Cela aurait été tellement trivial, tellement à l’encontre de ce qu’il est. Et de fait Twin Peaks: the Return est d’ailleurs bien mal nommé. Il aurait fallu titrer Beyond Twin Peaks. Car c’est ce que propose David Lynch : d’aller au-delà de la série pour explorer quelque chose d’encore plus déconcertant, d’encore plus onirique, d’encore plus fort — et, dès lors, courir le risque du ratage voire de l’imposture . Lire la suite

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Nos cinq meilleures séries TV de 2017

Le classement que tout le monde attend avec impatience en ce début d’année 2018. Peu de découvertes cette année, et de grosses désillusions du côté des suites, une année très moyenne malgré des projets que l’on attendait avec impatience comme American Gods, The Handmaid’s Tale et dans une moindre mesure, Taboo, Legion et Westworld.

Mais trêve de blabla, voici le classement, obtenu sans grande difficulté, tant les Boggans étaient raccords sur les séries TV. Lire la suite

Mindhunter (saison 1) de Joe Penhall

Holden Ford (Jonathan Groff) est un jeune agent du FBI, spécialisé dans la formation des futures recrues et des policiers sur le terrain aux principes de la négociation ou à celle de l’investigation, c’est-à-dire la manière , en déterminant les mobiles du crime, d’identifier le responsable. Se dérobe à sa sagacité des crimes sans mobile apparent (comme l’appât du gain) et qui semblent échapper à toute logique criminelle. Persuadé par ses propres lectures sur la psychologie que, malgré l’absence de toute cohérence, ces crimes répondent au contraire à une logique particulière, il ambitionne d’interroger des criminels multirécidivistes, souvent  considérés comme fous, afin de déterminer à leur contact des critères pouvant expliquer leurs gestes et identifier de potentiels coupables dans des affaires inhabituelles.

Or, nous sommes à la fin des années 1970, à une époque pendant laquelle les recherches en psychologie sont à la fois balbutiantes et repoussantes. Aussi son supérieur est-il d’abord réticent à l’idée de suivre l’intuition de Ford, mais il lui adjoint finalement un coéquipier, Bill Tench (Holt McCallany), lui-même formateur du FBI auprès des polices locales. Ne voulant pas que cette expérience soit connue de tous (et notamment de la hiérarchie du FBI), les deux agents ont l’autorisation de profiter de leurs déplacements dans le cadre de leurs séances de formation pour visiter des détenus en prison et commencer leur enquête auprès des tueurs multirécidivistes.

Debbie Mitford (Hannah Gross), universitaire spécialisée dans la psychologie, va se joindre à eux pour, dans un premier temps, apporter une caution scientifique au projet. Dans un second temps, elle va lever un important fond monétaire pour financer leur recherche, ce qui va à la fois contribuer à la pérennité du projet et menacer sa discrétion. Lire la suite

Turn: Washington’s Spies (saison 4) de Craig Silverstein

La précédente saison se terminait par la mort du Major John Andre (J. J. Feild), exécuté pour fait d’espionnage par les troupes du général Washington (Ian Kahn). Benedict Arnold (Owain Yeoman) a lui rejoint les troupes anglaises et, contrairement à ce qu’il avait souhaité, il n’est pas promu à la tête d’un régiment mais il est nommé à la tête d’une petite équipe en charge du contre-espionnage, une charge moins honorifique mais qui correspond finalement mieux à son statut. Abraham (Jamie Bell) poursuit son travail de renseignements et obtient quelques maigres victoires sur les troupes anglaises. Sauf qu’il prend de plus en plus de risques et expose sa famille, son père tout d’abord puis sa femme et son enfant. Alors que l’issue est peut-être proche, puisque les troupes françaises viennent de rejoindre celles de Washington, le Culper Ring est dans la ligne de mire des autorités anglaises qui cherchent à le démanteler à tout prix.  Lire la suite

Black Mirror (saison 3) de Charlie Brooker

Six épisodes composent cette troisième saison de Black Mirror. Le premier épisode évoque une société dans laquelle les hiérarchies sociales (liées au travail, au logement ou à la mobilité) sont déterminées par la cote de popularité sur les réseaux sociaux (et son nombre de « like »). Le personnage principal (Bryce Dallas Howard) se fait bannir de la société pour s’être énervée auprès d’une hôtesse de l’air ce qui lui vaut de découvrir le monde des marges. Le deuxième épisode suit l’itinéraire d’un testeur de jeux virtuels (Wyatt Russell) qui va apprendre à ses dépens que parfois tout n’est pas que du jeu. Le troisième épisode semble faire référence aux Anonymous et se focalise sur le vie d’un adolescent (Alex Lawther), qui se retrouve au coeur d’une vaste entreprise de chantage suite à une vidéo prise à son insu sur son ordinateur portable alors qu’il se masturbait. Le quatrième épisode s’intéresse à la vie après la mort et se passe dans un monde virtuel où se rejoignent des personne dans le coma et d’autres en fin de vie, monde dans lequel elles vivent des aventures lumineuses sur une île paradisiaque dans une temporalité illimitée. Le cinquième épisode s’intéresse à l’utilisation des nouvelles technologies dans l’armement. Ici des soldats (Malachi Kirby) porteurs de puces électroniques reliées à leur cerveau sont persuadés de lutter (et de tuer) des zombies – ou des humains infectés par un virus mortel qui les transforment en cannibales – alors que ce sont en fait des migrants. Enfin le dernier épisode se déroule comme une enquête policière, un détective (Kelly Macdonald) devant mettre un terme (et trouver le responsable) à un jeu mortel présent sur les réseaux sociaux. Ce jeu consiste à proposer des gens détestables, à voter pour leur mises à mort via le hashtag #DeathTo, le phase d’exécution étant prise en charge par des abeilles robotiques détournées de leur fonction première et programmées pour interagir avec le hashtag.

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