The Eddy (saison 1) de Jack Thorne et Damien Chazelle

Elliot Udo (André Holland), un pianiste de jazz renommé, s’est installé à Paris pour y ouvrir un club, The Eddy, et pour lancer un groupe de jazz dont il espère pouvoir bientôt produire le premier disque.  Il n’est pas seul dans cette aventure puisqu’il s’est associé à Farid (Tahar Rahim) pour financer l’ouverture du club, Farid qui forme avec cinq autres musiciens le groupe qu’Elliot veut produire. A ses débuts, le club ne fait pas salle comble, mais Elliot espère que la réputation du groupe attirera du monde chaque soir et qu’ainsi un producteur acceptera de mettre quelques billes dans la production du disque. L’enjeu est de taille pour Elliot qui espère ainsi se relancer après son divorce difficile qui explique sa fuite de New York vers Paris. Mais la situation est compliquée d’autant que sa fille, Julie (Amandla Stenberg), débarque à Paris après s’être fâchée avec sa mère, l’ex-femme d’Elliot. Ce dernier doit donc gérer sa fille (et son installation dans la vie parisienne), gérer le club et le groupe. Ne voulant pas regarder de trop près le finances du club, Elliot est contraint d’y plonger la tête la première quand un soir il reçoit des menaces de personnes qui lui réclame de l’argent au nom de Farid. Lire la suite

Castle Rock de Sam Shaw et Dustin Thomason

L’émotion est vive à l’annonce de la mort par suicide du directeur de la prison de Castle Rock, dans le Maine. Sa remplaçante ordonne l’inventaire de tous les bâtiments de la prison et à cette occasion un jeune homme (Bill Skarsgård) est découvert dans une cache — fréquentée par l’ancien directeur — de l’un des bâtiments désaffectés de l’établissement. Interrogé le jeune homme ne donne qu’un nom : Henry Weaver.

Il y a quelques années, un jeune garçon a disparu soudainement dans Castle Rock. Son père adoptif, pasteur dans la ville, est retrouvé grièvement blessé, mais l’enfant est toujours introuvable. Alors que le père décède des suites de ses blessures, l’enfant réapparait aussi soudainement qu’il avait disparu et affirme ne se souvenir de rien.

Devenu avocat pénaliste au Texas, aussi loin que possible du Maine, spécialisé dans les affaires de condamnés à mort, Henry Weaver (André Holland) vient ostensiblement pour rendre visite à sa mère (Sissy Spacek) qui vit toujours à Castle Rock. En réalité, un mystérieux appel téléphonique l’a convaincu de revenir dans ce lieu qu’il croyait avoir laissé derrière lui pour de bon… Lire la suite

The Knick (saison 2) de Steven Soderbergh

La saison 1 se terminait sur l’image d’un flacon d’héroïne, nouvelle trouvaille que certaines praticiens utilisaient pour guérir leur patient de leur addiction à la cocaïne. John Thackery (Clive Owen), brillant chirurgien du Knick, se voyait alors placé dans un institut prodiguant ce nouveau traitement pour l’aider à en finir avec son goût pour l’opium et la cocaïne ! En son absence, le docteur Edwards (Andre Holland) espère obtenir le poste de premier chirurgien, d’autant que Bertie (Michael Angarano) a quitté l’hôpital sur un coup de cœur (il n’a en effet pas apprécié que la belle infirmière Lucy ait fricoté avec Thackery) et que Gallinger (Eric Johnson) a du mal à concilier travail et famille, sa femme s’enfonçant dans la dépression et la folie, malgré la perte de ses dents (encore un traitement de pointe !).

Mais les événements se bousculent à New York : Cornelia Roberston (Juliet Rylance), maintenant mariée, vit à San Fransisco et ne peut donc plus appuyer Edwards, son frère Henry (Charles Atkin) gagne peu à peu la confiance de son père mais il cherche également à investir dans ses propres projets (comme le métro). Il se garde donc de contrarier de trop son père et ses associés dans la gestion de l’hôpital, d’autant qu’un nouveau Knick va voir le jour, plus grand, plus moderne, plus coûteux et donc moins concentré dans les mains de la famille Roberston. Sœur Harriet (Cara Seymour) est en prison, en attente de son jugement pour avoir fait avorter illégalement des femmes, mais son ami Tom Cleary (Chris Sullivan) a fait la promesse de la faire libérer. L’inspecteur Speight poursuit ses investigations pour garantir la sécurité sanitaire de la ville et Herman Barrow (Jeremy Bobb) profitant du projet concernant le nouvel hôpital perpétue ses petits trafics pour le plus grand bien de sa maitresse prostituée. Quant à Lucy (Eve Hewson), elle espère le retour de Thackery, convaincue de l’avenir de leur relation. Rien de bien nouveau donc et pourtant que de changements ! Lire la suite

Selma d’Ava DuVernay

Selma est un film nécessaire. Ce n’est pas un bon film. Il est passable pour ce qui est de sa cinématographie, mais il est le bienvenu aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que comme le dit Eileen Jones, notre époque a besoin de films politiques sur des groupes.

1965. Martin Luther King reçoit le prix Nobel de la paix, notamment pour son action depuis le boycott des bus de Montgomery jusqu’au Civil Rights Act de 1964 en passant par la « Marche sur Washington pour les emplois et la liberté » et son iconique discours « I Have a Dream » de 1963.

Pourtant, l’attentat à l’explosif d’une église de Birmingham, tuant quatre fillettes et le meurtre d’un jeune militant, lui montrent que la lutte est loin d’être finie, que tant que les noirs ne pourront pas voter face aux pratiques de discrimination extra-légales et coutumières ils pourront être impunément tués, et qu’il faut donc un Voting Rights Act, ce qu’il cherche à faire accepter par le président Lyndon Johnson. Devant les atermoiements voire le refus de ce dernier, King comprend qu’il doit enfiler son costume de metteur en scène, et préparer le prochain acte de la comédie dramatique qu’est le mouvement des droits civiques. Tous les protagonistes se préparent également. Le rideau va pouvoir se lever sur la scène. Et la scène sera à Selma, Alabama. Lire la suite

The Knick (saison 1) de Steven Soderbergh

Les boggans aiment Soderbergh. Même lorsque ce dernier réalise des films expérimentaux (Bubble) ou mineurs (Side Effects, Magic Mike, Contagion), ils sont toujours intéressants, et lorsqu’ils sont réussis (Traffic, Solaris), ils confinent au génial. Alors quand sort une série réalisée et produite par Soderbergh et traitant de la naissance de la chirurgie moderne, l’un de ses thèmes de prédilection (le corps, la santé), les boggans veulent la voir. Le fait que Clive Owen incarne le personnage principal n’enlève rien à l’attrait initial de la série, écrite par Jack Amiel, Michael Begler et Steven Katz. Pour l’instant une saison de dix épisodes a été diffusée sur Cinemax, une chaine qui fait partie du groupe HBO. Cette série suit donc le quotidien de chirurgiens et d’infirmières d’un hôpital de Manhattan, à une époque où les traitements, les opérations et la gestion des malades sont encore à leurs balbutiements. Au début de XXe siècle, le patient est aussi un objet d’expérience et de ce bouillon d’expérimentations plus ou moins malheureuses ressortent quelques avancées prodigieuses, comme la classification des groupes sanguins ou les techniques de suture. Lire la suite