Doctor Strange de Scott Derrickson

Dans un monastère vraisemblablement tibétain, un puissant magicien dérobe la page d’un manuscrit interdit puis s’enfuit en ouvrant un portail vers Londres. Poursuivit par l’un des gardiens du monastère, il parvient à s’échapper avec le précieux document. Pendant ce temps, le docteur Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) procède à une énième opération chirurgicale en écoutant sa musique préférée et en frimant sur ses extraordinaires capacités de chirurgien et de  mélomane. Entre deux opérations, il sauve la vie d’un homme déclaré mort, tente de séduire une collègue puis rentre chez lui plutôt fier de lui-même. Amateur de voiture de course, il est victime d’un accident de la route en se rendant à une conférence médicale : il survit mais perd en partie l’usage de ses précieuses mains. Malgré de multiples opérations et sessions de rééducation, Stephen Strange ne parvient pas à retrouver sa dextérité, il décide alors de s’en remettre aux soins occultes et part pour un mystérieux monastère dont les enseignements auraient permis à l’un de ses patients de retrouver complètement l’usage de ses jambes… Lire la suite

Sherlock (saison 4) de Mark Gatiss & Steven Moffat

Après être revenu d’entre les « morts » dans la précédente saison et avoir fait le bouffon puis tué de sang -froid un milliardaire maître chanteur, Sherlock (Benedict Cumberbatch) fait donc un rêve dans lequel il résout une affaire à l’époque victorienne (dans un final à la Agatha Christie fait de suffragettes qui se veut un hommage aux femmes, I presume) avant de revenir au temps présent, fait de pouponnage pour Watson (Martin Freeman) et son épouse ancienne espionne, Mary (Amanda Abbington), et de se ré-atteler, à la demande du pauvre Lestrade toujours dépassé (Rupert Graves), à la résolution de mystères plus difficiles les uns que les autres… pour culminer par le mystère le plus difficile de tous, celui qui va confronter Sherlock aux démons de son propre passé. The game is on. 

Or is it? Lire la suite

Sherlock, Christmas Special: The Abominable Bride de Mark Gatiss et Steven Moffat

Depuis la précédente saison, les scénaristes de Sherlock s’amusent avec le personnage du détective au point de le faire parfois passer pour un bouffon. Vraisemblablement le prix à payer pour rendre ce personnage ultra-intelligent et peu social sympathique aux yeux du plus grand nombre. A l’occasion de la période Noël, comme il est de tradition à la télévision anglaise, les scénaristes s’offrent une bouffonnerie de plus, intitulé The Abominable Bride.

Dans cet épisode spécial, ils dérogent au principe même de la série jusqu’alors, puisqu’ils ont décidé de replonger Sherlock dans son époque (et non dans notre époque contemporaine comme habituellement). La question était de savoir si l’épisode serait complètement déconnecté du reste de la série ou si des liens seraient artificiellement ménagés entre les deux périodes. Partisane de la première solution, j’ai vite compris dès les premières images que les scénaristes avaient voulu à tout prix lier les deux Sherlock. Nous quittions donc Sherlock à bord d’un avion, condamné à l’exil mais rappelé immédiatement auprès de sa Majesté suite à la réapparition de Moriarty. Le voilà à présent plongé dans l’époque victorienne, en proie à une sombre histoire de fiancée fantomatique (et tueuse à ses heures perdues), derrière laquelle semble se mouvoir l’ennemi de toujours, celui qui devrait être mort : Moriarty bien sûr.

Les fantômes du passé nous guident dans le présent, et c’est sur cet adage que les scénaristes ont construit un épisode aussi inutile que déconcertant. Lire la suite

The Fifth Estate de Bill Condon

Le titre du film donne en partie une idée de sa thèse : les réseaux type Wikileak, parce qu’ils permettent le partage immédiat de documents classés (tout en protégeant leur source), sonnent le glas des média traditionnels (presse notamment), se révélant alors comme ce cinquième pouvoir capable de redéfinir les contours de nos démocraties. Voici donc l’histoire de Julian Assange, créateur de Wikileak, que le film présente comme le nouveau chapitre des relations entre les dirigeants et ceux qu’ils dirigent. Une rééquilibrage nécessaire pour redonner (enfin) aux masses le pouvoir de contrôler leur élus par une absolue et inconditionnelle transparence.  Lire la suite

The Imitation Game de Morten Tyldum

La vie d’Alan Turing, version « on est désolé ». Plus sérieusement, le film s’ouvre sur une scène relativement improbable où en voix-off Turing nous enjoint à être attentif à ce qu’il va dire. Vient ensuite une scène se passant en 1951, où l’on suit un enquêteur qui se rend au domicile de Turing pour enquêter sur un probable cambriolage, puis face au comportement irascible de ce dernier le soupçonne de cacher quelque chose. Le détective décide alors d’enquêter sur Turing.

Flashback : nous voici en 1939, la guerre vient d’être déclarée en Europe et Turing passe un entretien pour obtenir un emploi dans les services de l’armée. Son ambition est de travailler pour les services secrets, afin de décoder les messages allemands et se confronter à la fameuse Enigma, dont le code de cryptage change chaque jour. Turing est recruté, ainsi qu’un panel de mathématiciens, qui travaillent déjà au décryptage d’Enigma. Alors que ces partenaires cherchent en vain  à trouver chaque jour le code de cryptage d’Enigma, Turing envisage la construction d’un super-calculateur, capable en un laps de temps record de tester toutes les combinaisons possibles, afin de trouver la bonne dans le temps imparti.

En 1951, l’enquêteur découvre que le dossier de Turing est classé top secret. Via une falsification de signature, il parvient à se procurer le dit-dossier qui se révèle être vide. Il poursuit son enquête persuadé que Turing est un espion soviétique… Lire la suite