Sicario de Denis Villeneuve

Réalisateur que nous suivons depuis son deuxième film, Prisoners, que nous avions beaucoup aimé, et qui nous avait déçus avec le suivant, Enemy, Denis Villeneuve nous avait intrigués à l’annonce de Sicario. Les Boggans attendaient donc avec inquiétude ce nouveau film, d’une part parce que ses réalisations ont perdu en qualité et d’autre part parce que sur le thème de la lutte contre les cartels de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le film de Steven Soderbergh, Trafic, paraissait indépassable.

Le point de vue adopté par le film est celui de Kate Macer, chef d’une équipe du SWAT, qui officie non loin de la frontière avec le Mexique, côté américain néanmoins, et qui est spécialisée dans la recherche des disparus. Après une opération dantesque dans une maison isolée dans laquelle son équipe retrouve pas moins de 40 cadavres, Kate est invitée à se joindre à une opération du département de la lutte contre les drogues, dans le but d’aller faire des opérations directement sur le sol mexicain, l’objectif étant de mettre le main sur le responsable du trafic à la frontière, qui se trouve être également celui qui est derrière bon nombre de disparitions sur le sol américain.

Choquée par la découverte des cadavres sur son périmètre d’opération, Kate accepte de se joindre à l’équipe tout en doutant des raisons profondes de sa formation. Elle comprend d’ailleurs très vite que leur mission est différente quand, au lieu de se rendre à El Paso pour une opération de routine, l’équipe traverse la frontière pour exfiltrer un prisonnier du Mexique… Lire la suite

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Edge of Tomorrow de Doug Liman

L’un des derniers films de l’été, tout pourri, qu’il nous restait à voir et on doit l’admettre, on a été un peu déçus par Tom. Pas de personnage se prénommant Jack, à peine un petit bisou à l’écran et quelques (longues) scènes de combat.

Dans un futur proche (mais en même temps, on en doute), les humains devront faire face à une nouvelle espèce d’ennemi : l’alien. Bon là on se dit waouh c’est original. Une race alien a donc envahi la planète Terre en commençant par l’Europe, plus précisément en envahissant l’Allemagne et la France (suite à une chute de météorite). Les forces alliées, regroupées en Angleterre, tentent vainement de contenir l’avancée des aliens, mais ces derniers sont trop puissants et terrassent les soldats en un rien de temps. Jusqu’à la victoire de Verdun, où l’utilisation de soldats nouvelle génération a permis à l’alliance d’emporter une victoire, leur première. Le sergent Rita Vrataski a fait partie des unités combattantes lors de cette victoire historique et elle y a gagné le surnom d’Ange de Verdun (soudain nous voyons François Hollande à l’écran et là on se dit Hollande dans Edge of Tomorrow, c’est pas bon pour nous, mais d’un seul coup, tout devient clair : en fait, Hollande a été enlevé et remplacé par un alien, c’est pour ça qu’il mène une politique de droite et qu’il a nommé Valls !).

Cette courte victoire conduit les dirigeants des forces alliées à planifier un dernier assaut sur les plages de France en Normandie (après Verdun, le D-Day, en même temps 2014 célèbre le centenaire de la Grande Guerre ET les soixante ans du débarquement, les scénaristes ont donc fait un combo). Le commandant William Cage est envoyé par l’armée US à Londres afin qu’il participe sous le commandant anglais au débarquement. Lui qui n’a jamais touché une arme (il est dans les services de communication) n’est pas ravi, il essaie de déserter mais se fait choper et menotter avant d’être envoyé sur les plages françaises.

Il débarque donc, court sur la plage, n’arrive pas à faire fonctionner son arme et finit par se faire tuer en tuant un autre alien. Mais pas n’importe quel alien : un alpha.

Sitôt mort, il se réveille au camp de base anglais, les menottes au poing, prêt à être envoyé sur les plages…Pas  de bol, de toutes les journées qu’il aurait pu revenir, le sort a choisi celle où il se fait tuer par un alien sur une plage française. Vingt minutes environ de film viennent de s’écouler, l’heure et demi suivante ne sera qu’un long (très long) reset repetita ad nauseam.

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The Adjustment Bureau (L’Agence) de George Nolfi

Epoque contemporaine. David Norris est en campagne pour le siège de sénateur dans l’Etat de New York. Alors que tous le donnent gagnant, une photo de lui prise pendant une « prank » datant de ses années d’université est publiée la veille du scrutin dans un journal, ce qui ruine ses espoirs. Un peu avant l’annonce des résultats, David s’isole dans des toilettes pour préparer son discours de défaite. Il rencontre alors une femme dont il s’éprend immédiatement. Inspiré par cette rencontre, David prononce un discours remarqué, et décide de se relancer pour les prochaines élections. Un mois plus tard, David a repris sa vie. Dans le bus qui l’amène à son nouveau travail, il retrouve cette femme. Ils décident alors de se revoir, mais quand David arrive en avance à son bureau, il voit ce qu’il ne devrait pas voir. Des hommes en chapeau « lobotomise » les membres de son cabinet. David apprend alors que ces hommes font partie d’une agence qui « régule » le monde d’après un plan bien défini. Il apprend également que selon ce plan, il doit se représenter aux élections et que Elise, la femme qu’il a rencontrée dans les toilettes, a servi ce but mais qu’à présent, il ne doit plus la revoir. Problème, David est amoureux d’elle…

Il y a presque deux films en un : une histoire d’amour et un film de science fiction. Si l’histoire d’amour est assez réussie, notamment grâce au duo d’acteurs (je disais à Mathieu hier, que Matt Damon joue très bien les amoureux, il n’en fait ni jamais trop, ni pas assez, il est souvent très juste comme dans la scène de cuisine dans le dernier Eastwood), le film de science-fiction, par contre, est plutôt raté. Les hommes au chapeau, qui font clairement référence à toute cette mythologie autour des hommes en noir, ne donnent pas au film une atmosphère particulière (à la différence de Dark City par exemple). Quant à l’intrigue, elle ne tient pas vraiment. Déjà cette histoire de Grand Patron qui ne laisse plus à l’humanité son libre arbitre depuis les années 50 parce que cela a conduit à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, est une piètre justification à l’usage de ces hommes en chapeau. Puis comparé aux agissements de David pour retrouver cette femme, on ne comprend pas bien pourquoi ce Grand Patron ne décide pas d’intervenir plus radicalement. L’explication de l’eau est aussi limite. Au final, le film est plaisant grâce à ses deux acteurs, mais le scénario ne tient pas sur la longueur.

— LN

Est-ce parce que c’est l’adaptation d’une nouvelle (de Philip K. Dick — les scénaristes hollywoodiens pourraient aussi se dire à un moment qu’il a peut-être d’autres auteurs : je n’ai rien, au contraire, contre K. Dick, mais bon…) dont l’écriture et l’intrigue devaient être plus resserrées ? Il est vrai que la narration souffre de faiblesse et que l’atmosphère oscille toujours entre le fantastique et le sentimental sans jamais trouver le bon équilibre. Pas déplaisant, mais pas indispensable.

— Mathieu