Le fil et les traces: vrai, faux, fictif de Carlo Ginzburg

Dans sa préface, Carlo Ginzburg présente son livre comme un recueil d’articles hétérogènes, écrits à différents moments de sa vie, mais qui tous étudient le rapport entre le fil (le récit) et les traces (les sources).
Il explique que pendant longtemps, l’historien ignore qu’il écrit. Il faut attendre selon lui la seconde moitié des années 60 pour que les historiens prennent conscience qu’ils écrivent un récit. De cette prise de conscience est née une confusion entre les narrations dites historiques et les narrations dites de fiction : la barrière a été levée. Lire la suite

Léonard et Machiavel de Patrick Boucheron

Léonard et Machiavel de Patrick Boucheron

Historien de l’époque médiévale, et spécialiste de l’Italie de la Renaissance, Patrick Boucheron propose ici un texte à part, une tentative d’écrire autrement l’histoire.

En juin 1502, au palais ducal d’Urbino, deux hommes se sont rencontrés sans qu’aucun document d’archive ne relate le moindre mot sur ce qu’ils ont pu échanger. Machiavel a été dépêché sur place par la Seigneurie de Florence pour évaluer au plus près la personne de César Borgia. Léonard est aussi dans l’entourage de Borgia en qualité d’ingénieur ducal. Les deux hommes vont donc se côtoyer pendant quatre mois, mais rien dans leurs correspondances respectives ne permet de savoir ce qu’ils se sont dit.

Plus tard, les deux hommes vont également se retrouver autour de projets communs, comme le chantier du détournement de l’Arno (soutenu par Machiavel et mis en chantier par Léonard) ou la commande de la fresque La Bataille d’Anghiari réalisée par Léonard et dont le contrat porte la signature de Machiavel.

Les deux hommes partagent donc une contemporanéité commune qui n’a pas été sondée par les historiens, alors même qu’il y a matière à rapprocher les deux hommes dans leur conception qu’ils se font de leur temps, et du Temps en général, et du savoir. Lire la suite

A quoi pensent les historiens ? Faire de l’histoire au XXIe siècle

A quoi pensent les historiens? Faire de l'histoire au XXIe siècle

Ouvrage collectif, dirigé par Christophe Granger, avec les contributions entre autres de Romain Bertrand, d’André Loez et de Nicolas Offenstadt parmi ceux que je connais de nom (et de lecture).

L’ouvrage est découpé en trois parties (les fameuses trois parties de toute dissertation d’histoire):

1. Métier

2. Compétences

3. Mutations.

Comme indiqué dans l’introduction, ce travail collectif s’inscrit dans une réflexion déjà menée à la fin de 1990 dans l’ouvragePassés recomposés, lui-même bilan critique des deux décennies qui ont suivi la publication deFaire de l’histoire en 1974. Deux décennies sont à nouveau passées et la question se pose de ce qu’est devenu le métier d’historien face à l’essor d’Internet. Le livre présente donc les nouvelles approches historiques. Lire la suite