The Other Side de Roberto Minervini

Mark se réveille nu dans la forêt de la mangrove quelque part en Louisiane. Puis, le pénis à l’air, il marche sur l’asphalte jusqu’au mobile home où vit sa sœur et, avec elle et son neveu, fume du crack…

Dans la même (?) forêt, des miliciens, treillis de camouflage et armes automatiques, s’entraînent en vue de la révolution à venir face à la tyrannie d’Obama et de l’ONU. Entre ces deux images, à travers ce partage d’un même espace, un point commun : cet « autre côté », donc, de l’Amérique, cette face sombre du rêve qui est peut-être sa vérité, incarnée par les « White Trash« , et que le réalisateur italien Roberto Minervi, vivant aux Etats-Unis, a choisi de filmer non pour dénoncer mais pour voir en eux l’humanité. Pour nous les faire comprendre. Plongée en apnée dans les miasmes fétides de la vase du Deep South. Lire la suite

L’histoire et la littérature à parts égales ? Récit d’une absence de rencontre au festival Etonnants Voyageurs 2012 de Saint-Malo

Depuis plusieurs années, H. & moi continuons d’aller au festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, organisé ( ?) par Michel Le Bris. Malgré la perte en qualité proportionnelle à l’augmentation de la fréquentation, ce festival reste cher à nos yeux, car il fut l’occasion pour nous, il y a quelques années, de découvrir des auteurs indiens et chinois notamment. Et puis il y a la mer, la vieille ville fortifiée par Vauban, les corsaires… Saint-Mâlo en somme.

Cette année, j’ai remarqué qu’il y avait une dominante (parmi d’autres) histoire aux Étonnants Voyageurs. Évidemment, j’ai été intéressé. Lire la suite

Etonnants Voyageurs 2011

On avait dit à la précédente édition qu’on n’irait plus à Etonnants Voyageurs, tant l’organisation du festival était devenue problématique. Mais le charme de Saint-Malo a opéré et nous y sommes retournés pour les trois jours du festival. On a donc été confrontés aux mêmes défauts que l’année précédente et à de moins en moins de qualité. Les organisateurs ont cette fois bien fait les choses: il était indiqué devant chaque salle, y compris au cinéma Le Vauban (qui autrefois vidait les salles entre les séances) que cette année aucune salle ne serait vidée. Message indirecte et indigne aux festivaliers qui les années précédentes avaient demandé à ce que les salles soient vidées pour laisser leur chance à tout le monde. L’organisation persiste donc et maintenant signe. Dès lors, on note quelques conférences auquelles on aimerait bien assister, en ayant bien en tête que la partie n’est pas gagnée (pour 10€ par jour, tu peux t’amuser à croire que tu assisteras à des conférences).  Lire la suite

Etonnants voyageurs 2010

images.jpgLe thème de cette année était la Russie.

J’ai fait cinq conférences (faute de place, je n’ai pas pu assister à une sixième conférence qui m’intéressait).

Samedi, j’ai commencé tranquillement mon festival avec une conférence au café littéraire sur la Russie justement. Deux écrivains étaient présents et un universitaire spécialiste de la littérature russe (Monsieur George Nivat) qui a passé le festival à se faire remarquer dans toues les conférences ayant un lien avec le Russie.  Deux écrivains donc, Andreï Dimitriev qui a présenté son roman L’Aviateur et sa femme. Son roman se situe dans les années 70 sur une base militaire où aviateur, suite à un grave accident qui a couté la vie à un pilote, est interdit de vol. Il passe donc son temps sur la base, sa femme tente de le soutenir mais il sombre progressivement dans la dépression.  Et Ilya Boyashov qui a présenté son livre Le Voyage de Mouri. Mouri est un chat, il vit en 1992 en Bosnie. Sa vie bascule aux premiers jours de la guerre quand sa maison est détruite : il perd d’un seul coup son jardin, ses maitres et son bol de lait. Mouri décide alors de parcourir le monde pour retrouver un chez-soi, avec souris et lat. Il finira pour faire un tour complet sur lui-même pour revenir dans son village. Entre-temps il croisera une oie as du calcul mental, un cachalot héroïque et d’autres personnages loufoques. Le premier livre m’a moyennement intéressé, par contre celui sur le chat globe-trotter m’a semblée drôle. J’ai donc acheté le livre, critique dans quelques temps.

Toujours samedi, j’ai enchainé sur une conférence très ennuyante sur la permanence du fantastique dans la littérature russe. J’y ai retrouvé Boyashov, accompagné cette fois d’Andreï Kourkov (celui qui a publié le célèbre roman Le Pingouin) et Dimitry Glukhosky qui a présenté son roman Metro 2033. Suite à une guerre nucléaire, les survivants de Moscou se réfugient dans le métro, seul abri antiatomique. Vingt après, ils sont toujours dans le métro, où ils ont reconstruit des Etats avec des systèmes politiques et/ou religieux distincts. Ce roman a été publié une première fois sur le Net (il y serait toujours disponible gratuitement mais en russe même si l’auteur travaille à une adaptation en anglais). Le buzz créé par ce livre sur Internet a conduit des éditeurs à le publier cette fois sous forme papier. Le sujet du livre m’intéresse, par contre l’écrivain faisait très jeune qui-n’en-veut, je ne suis pas sûre de sa qualité d’écriture.

Dernière conférence de la journée, et la plus intéressante. Une conférence en littérature de jeunesse (eh oui) avec François Place, Timothée de Fombelle, Béatrice Bottet et Nikolaï Maslov. J’ai surtout apprécié l’intervention de Nikolaï Maslov. A noter tout d’abord que j’ai pas bien compris ce qu’il faisait là. Il présentait un roman graphique très adulte sur la Sibérie. Il est né en Sibérie et présente dans sa bande dessinée cette région avant et après la colonisation par les Russes.  Son roman graphique s’intitule Sibérie, le paradis des hommes, et pour l’auteur ce titre est à prendre au bien de la lettre. Dans l’imaginaire russe, la Sibérie représente une pureté perdue. Ce qui s’oppose à notre vision occident d’une Sibérie goulag.

Dimanche, avec Mathieu on a commencé tranquillement la journée par le visionnage du film Mongol, en présence du réalisateur, Sergei Bodrov. Le film est vraiment pas mal, les scènes de bataille sont hallucinantes. La discussion avec le réalisateur après le film était très intéressante.

Je passe sur une conférence surprenante sur des dessinateurs de bande dessinée en Chine. J’ai appris à mes dépends qu’il ne fallait pas avoir peur de la Chine, qu’il n’y avait pas de censure en Chine (sauf pour le sexe, mais sinon tout va bien). A un moment j’ai cru être à une conférence sponsorisé par le gouvernement chinois. Et comme je disais à Mathieu la génération MTV chinoise est pas plus intéressante que celle aux USA ou en France. Quand l’un des types a dit adoré Lady Gaga, j’ai cru vomir. Ces jeunes étaient creux, complètement serviles, heureux d’avoir un portable. Une vraie catastrophe.

J’ai retrouvé Mathieu pour une rencontre avec François Bourgeon. On l’avait déjà rencontré à l’abbaye de l’Epau. Il est toujours aussi agréable, toujours aussi impressionnant quand il raconte ses heures de travail (que ce soit lors de ses recherches préalables ou quand il dessine) alors qu’il ne garde dans ses planches finales qu’à peine 1/5 de ce qu’il dessine ou de ce qu’il écrit.

Le lundi, on a fait un rapide tour sur le salon et on est rentrés tranquillement.

Bilan : deux conférences intéressantes sur les cinq auxquelles j’ai assisté. Les animateurs ne sont pas toujours à la hauteur, ils n’ont pas toujours lu les livres qu’ils présentent, les écrivains sont pas toujours au courant des thèmes des conférences. Quant à l’organisation, elle est tout simplement catastrophique ce qui fait que rapidement le public devient agressif et impatient.