Gouverner, c’est servir de Jacques Dalarun

Gouverner c’est servir, essai de démocratie médiévale

Avant-Propos

I. La servante servie

II. L’indignité au pouvoir

III. Le gouvernement maternel

Envoi

Avant-Propos

J. Dalarun dans son avant-propos s’interroge sur l’importance des sources médiévales dans son travail d’historien. Souvent incomplètes, elles sont parfois lues avec un regard trop partial. Il rappelle donc , en référence à Paul Ricoeur, qu’il faut en faire une lecture critique tout en s’appuyant sur elles.

J. Dalarun rappelle ensuite l’importance de Foucault sur les sciences humaines (et sur lui !). De ses lectures de Foucault, il a retenu l’idée que « la centralité d’une société se li[t] dans ses exclusions et ses marges ». Au Moyen Age, le marginal se retire du monde, et pourtant certains marginaux vont tirer de cette mise à l’écart une certaine aura.

Le Moyen Age est une société divisée entre puissants et humbles, une société extrêmement hiérarchisée, reposant sur la domination des forts sur les faibles. Et pourtant cette société peut révérer le simple, au point d’en faire un saint. Ce renversement de valeur n’est pas ponctuel mais structurel, il est toujours lié à un désir de réforme, de retour à la source, à une plus stricte observance de la vie religieuse.

J. Dalarun y voit le paradoxe chrétien de l’Occident médiéval: une religion dominante, qui ne parvient pas à être une idéologie dominante, qui sans cesse cherche à se réformer et dont l’un des principes fondateur est l’idée même d’un renversement (les premiers seront les derniers).

L’hypothèse de J. Dalarun est que les communautés religieuses médiévales ont servi de laboratoire à l’élaboration de la « gouvernementalité » moderne: un art de gouverner qui enrobe / englobe plus qu’il ne domine les hommes.

Sa problématique est la suivante : comment la société médiévale, une société d’ordres, a-t-elle pu se fonder sur une morale de renversement et ce faisant inventer un nouvel art de gouverner ? Lire la suite

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Moriarty et Christine Salem à l’Abbaye de Fontevraud

Non, point d’erreur dans le titre. Vous ne connaissiez pas cette nouvelle salle de concert? Nous non plus, à vrai dire. On avait l’habitude de déambuler dans le cloître de Fontevraud, d’y prendre un repas, d’assister à des conférences, voire d’y passer la nuit. Nouvelle expérience hier en découvrant qu’à Fontevraud, on peut aussi assister à des concerts de groupe folk and blues. On a souvent l’habitude d’assister à des concerts classiques dans des abbayes, mais des groupes contemporains, pour nous c’était une première. Lire la suite

« Encore 260 jours a tirer. Pénitencier de Fontevrault » de Bertrand Ménard

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Petit compte rendu de lecture d’un ouvrage qui finalement m’a laissée beaucoup sur ma faim. L’ouvrage est introduit par une préface de Jacques-Guy Petit, qui rappelle que du Moyen-Age à la Révolution, l’abbaye est un monastère peuplé de moniales et des moines qui se vouent à la prière et à la pénitence. De la fin de l’Empire jusqu’aux années De Gaulle, Fontevraud devient une prison pour délinquants et criminels.

Fin 1789, la Révolution décrète que les biens de l’église doivent devenir biens nationaux. A cette époque, l’abbaye est déjà en déclin. Les habitants de Fontevraud souhaitent que l’abbaye soit « réutilisée » pour éviter que les bâtiments se dégradent encore plus. On parle alors de la transformer en hôpital, en un dépôt de mendicité ou en prison. Ce sera finalement la prison.  Lire la suite