Nos 10 meilleurs films de 2014

Vous l’attendiez avec impatience, voilà enfin le top 10 des films 2014 des Boggans.

9. ex-aequo People Mountain, People Sea, de Changjun Cai : un western moderne dans ce Wild Wild East chinois globalisé (un eastern?). C’est dense, pessimiste, violent et poétique.

American Hustle, de David O. Russell : le côté foutraque, jouissif et déjanté ne peut que séduire. Et Jennifer Lawrence en bimbo à fourrure, ça marche !

8. A Touch of Sin, de Jia Zhangke : le théâtre chinois revisite le capitalisme sauvage et les destins brisés qu’il engendre. Se prendre en main, être un individu, passe par la violence, contre les autres ou contre soi. Terrifiant et réussi.

7. Under the Skin, de Jonathan Glazer : un ovni (ah, ah) avec une Scarlet Johannsson en mante religieuse from out of space.  Déconcertant et hypnotisant.

6. Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki : ce ne sera pas celui qu’on préfère dans l’oeuvre du maître, mais ses interrogations essentielles et existentialistes sont toujours là et évoquées avec la même poésie et le même humanisme.

5. Interstellar, de Christopher Nolan : parce qu’on avait pas vu de tels images depuis… depuis… hé bien en fait c’est la première fois qu’on voit de telles images, à la fois de la Terre et de l’espace.

4. Ida, de Pawel Pawlikowski : un film à la photographie noir et blanc magnifique qui nous montre une Pologne du début des années 60 entre catholicisme, mémoire de la Shoah et impossibilité du rêve communiste, le tout sur fond de blues américain et de road-movie d’une femme qui incarne tous ces thèmes, entre force et fragilité. C’est âpre et c’est bouleversant.

Et les trois premiers sont: Lire la suite

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Ghibli : les secrets du Layout pour comprendre l’annimation au musée Art Ludique

Exposition un peu austère (ironique vu le nom du musée) sur les techniques de l’animation Ghibli et plus particulièrement sur l’utilisation du layout, visiblement inventé par Miyazaki sur le long métrage Heidi. Voyant que les anciens long-métrages n’accordaient que peu d’importance au décor (les animateurs pouvaient alors utiliser le même décor sur une multitude de scènes), considérant que l’animation et le décor doivent jouer à parts égales dans l’élaboration d’un film, Miyazaki a recours au layout, dessin regroupant sur une seule feuille la composition de la scène, les informations liées au storyboard, le cadrage et les effets d’animation attendus. Lire la suite

Le vent se lève de Hayao Miyazaki

Disons-le d’emblée, maintenant que Hayo Miyazaki (ou plutôt, si l’on respecte l’usage japonais, Miyazaki Hayao) a livré son dernier film : Le vent se lève n’égale pas son chef d’oeuvre absolu qu’est Chihiro ou son deuxième chef d’oeuvre, Princesse Mononoké.

Ce film est assez déroutant par rapport aux précédentes oeuvres du maître. Voilà un film ancré, en apparence, dans le réel, alors que tous les précédents, y compris les séries animées, étaient dans des mondes de fantaisie (Nausicaä, Le Château dans le Ciel, Chihiro et même Ponyo avec son monde aux prises avec l’océan) ou dans un passé fantasmé (Porco Rosso, Mononoké, Sherlock Holmes). Ici, il s’agit bien d’un film historique, tout du moins en apparence.

En effet, Le vent se lève est une évocation de l’histoire de Horikoshi Jiro, l’ingénieur en aéronautique qui a conçu le Mitsubishi A5M ainsi que le Mitsubishi A6M Zero, des avions au profil particulièrement aérodynamique, notamment le Zero, qui servit aux kamikaze lors de la Seconde Guerre mondiale. Jiro est donc un enfant qui a une mauvaise vue, mais qui rêve du ciel, de voler, et d’avions. Toute sa vie sera consacrée à atteindre ce but : voler, par l’esprit, car il ne peut pas piloter lui-même. Toute sa vie, donc, se résumera, ainsi qu’il l’aurait déclaré lui-même, à vouloir « faire quelque chose de beau ». Pour cela, il se fera embaucher par Mitsubishi pendant la crise économique des années 1930, ira en Allemagne pour apprendre la technologie allemande et acceptera de concevoir des avions, fussent-ils des chasseurs de guerre pour un Japon impérialiste.

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