The Martian de Ridley Scott

Jetant un œil rapide sur la filmographie de Ridley Scott, force est de constater que depuis quelques années ses films perdent en qualité et deviennent de vrai désastres cinématographiques. The Counselor parvenait à condenser dans un même film un scénario de McCarthy plutôt moyen avec une réalisation assez médiocre, ce qui donnait au final une oeuvre tape-à-l’œil et très peu intéressante. Exodus, pourtant promis aux bonnes grâces du film du vendredi soir, n’arrivait même pas à atteindre son objectif tellement il était mal fichu, mal filmé et aussi intéressant qu’un épisode de Grimm. Et je ne parle même pas de Prometheus qui aurait mérité une condamnation pour haute trahison. Douchés à de nombreuses reprises par les promesses non tenues de ce réalisateur, nous avons donc abordés The Martian de la manière la plus neutre : on espère rien, on attend rien. Et pour le coup on a été plutôt agréablement surpris.

Le scénario de ce film ne casserait pas trois pattes à un canard : lors d’une mission sur Mars, une équipe de scientifiques est contraint de quitter le sol martien car une tempête menace. Mais alors que l’ensemble de l’équipage s’apprête à remonter à bord du véhicule spatial, l’un d’eux est impacté par un débris, emporté par une rafale de vent et disparaît dans les bourrasques martiennes. Ne pouvant attendre de le retrouver, l’engin quitte la planète laissant derrière lui l’un des leurs qu’ils pensent mort. Sauf qu’il est vivant. Mark Watney (Matt Damon) se retrouve donc seul sur Mars, contraint de survivre avec le peu de ressource laissées sur place, condamner à trouver un moyen d’entrer en communication avec la Terre, dans l’espoir que quelqu’un viendra le rechercher. Un scénario classique pour l’acteur Matt Damon qui a déjà fait l’objet d’une mission de sauvetage. D’autres temps, d’autres mœurs. Lire la suite

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Crimson Peak de Guillermo del Toro

Dernier film très attendu du réalisateur Guillermo del Toro, capable du meilleur (Le Labyrinthe de Pan) et du pire (la série des Hellboy, Pacific Rim), et qui, au vu des quelques images et de la bande annonce accompagnant sa sortie, avait éveillé chez les Boggans de grandes espérances. Le film promettait une incursion magistrale dans la fantaisie gothique, par l’un des maîtres du genre. On en piaffait d’impatience.

Dès les premières images, le spectateur est directement plongé dans une ambiance très gothique noir : l’héroïne, la jeune Edith  Cushing (Mia Wasikowska) reçoit régulièrement le fantôme de sa mère, morte de la peste noire, qui lui répète ces mots qu’elle ne comprend pas : « méfies-toi de Crimson Peak ». Arrivée à l’âge adulte, Edith rêve de devenir un écrivain, mais refuse de se plier aux injonctions éditoriales qui imposent aux femmes l’écriture de romans d’amour. Edith veut écrire sur les fantômes, qu’elle connait bien du reste.

Son quotidien de jeune femme américaine est bouleversé par la rencontre avec un noble anglais, Sir Thomas Sharpe d’Allerdale Hall (Tom Hiddleston). Ce dernier s’intéresse de près à l’ingénierie et sollicite un peu partout dans le monde l’aide d’industriels pour financer ses projets, afin de sortir son domaine familial de la déchéance. Le père d’Edith est un richissime entrepreneur industriel, c’est donc tout naturellement que Thomas va chercher son appui financier. Déprisé par le père, Thomas tente tout naturellement une ouverture par la fille, qui tombe rapidement sous le charme de ce noble ruiné. Se méfiant davantage des fantômes que des séducteurs, elle ne voit pas le piège que vont lui tendre Thomas et son étrange sœur, Lucille (Jessica Chastain)… Lire la suite

Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow

Film sorti en 2012 et qui avait reçu à l’époque pas moins de 4 oscars, dont celui du meilleur film. Par son sujet (la traque de Ben Laden) et son réalisateur (Kathryn Bigelow plus connu alors pour le mythique Point Break et l’anecdotique Démineurs), nous n’avions pas souhaité voir le film à sa sortie. Quand un film accumule sur son nom les fantasmes d’une époque, à l’instar des romans de Michel Houellebecq, il vaut parfois mieux attendre quelques années avant de le voir (ou pas, dans le cas de Houellebecq). Nous avons donc attendu trois ans pour nous décider à le visionner, avec malgré tout un esprit très critique à l’égard de ce dernier qui faisait de la traque de Ben Laden un ressort dramatique et qui par son propos justifiait l’utilisation de la torture.

Le film s’ouvre sur une évocation des attentats du 11 septembre 2001, par le recours à un procédé déjà utilisé dans un autre film : des voix se font entendre sur un fond noir (une manière peu subtile de nous faire entrer dans ce film sous l’angle du documentaire, ce qui sera remis en cause dès les premières images). Michael Moore serait en droit de porter plainte pour plagiat, mais passons. Vient ensuite le personnage de Maya, agent de la CIA, qui à elle seule va traquer la piste de Ben Laden au Pakistan, jusqu’à son élimination le 2 mai 2011 (le film sort un an après et s’inspire des témoignages des soldats américains ayant participé à l’opération).  Lire la suite

The Disappearance of Eleanor Rigby: Them de Ned Benson

Je ne comprenais pas le « Them » à la fin du titre. En allant sur IMDB pour connaitre le nom du réalisateur afin de commencer cet article, je viens de découvrir que ce film est en fait le dernier d’une trilogie, le premier portait le même titre mais se terminait pas « Her » (et adoptait le point de vue de la femme), le deuxième se terminait pas « His » (et vous l’aurez compris adoptait le point de vue du mari). Me voilà donc bien embêtée de faire le compte rendu d’un film faisant partie d’un ensemble plus vaste et dont je n’ai vu que le tiers. Il va donc falloir que je regarde les deux autres pour me faire une idée complète. Mais qu’importe, à près tout, je peux au moins décrire ce qui a été pour moi « Them », que j’ai donc vu en croyant qu’il s’agissait d’un film unique. Lire la suite

A Most Violent Year de J.C. Chandor

Le film s’ouvre sur un fond noir, le spectateur entend alors seulement la respiration d’une personne qui semble courir. Puis le noir laisse place au bitume, la caméra épouse le point de vue du coureur et l’on distingue alors une zone pavillonnaire. De subjective, la caméra devient objective et suit un homme qui court dans différentes zones de New York, et notamment dans des quartiers délabrés. Au moment où il arrête sa course, le son d’une radio se fait entendre, une journaliste annonce que plusieurs policiers ont été blessés. Plusieurs scènes montrent le port de New York, des camions livrant du pétrole dans les rues de la ville et une femme retouchant son maquillage face à un miroir. Le tout soutenu par une musique « groovy » très années 70 (Marvin Gay, « Inner City Blues » !). Le décor est planté : nous sommes à New York au début des années 80 et un homme, Abel (Oscar Isaac), tente de faire fortune dans la vente de pétrole, secondé par sa femme, la magnifique et fatale Anna (Jessica Chastain). Dans cette Amérique qui cherche à peine à tourner le dos à la mafia, Abel tente de mener son affaire le plus proprement possible. Tout le film tient dans cette approximation de ce qui est plus ou moins propre dans la gestion d’affaires. Lire la suite