Hail, Caesar! (Ave, César !) de Joel & Ethan Cohen

Eddie Mannix (Josh Brolin) est producteur pour une major hollywoodienne. Son travail consiste à surveiller ses acteurs tels Baird Whitlock (George Clooney), la star mystérieusement disparue de sa prochaine super-production, Hail, Caesar !, un péplum sur la vie de Jésus ; arranger leur vie comme par exemple le mariage d’une autre star, DeeAnna Moran (Scarlet Johansson) ; aller se confesser ; gérer la presse notamment les soeurs jumelles, Thora et Thessaly Thacker (Tilda Swinton) de la gossip column des journaux à potins hollywoodiens ; arrondir les angles avec les réalisateurs tels que Laurence Laurentz (Ralph Fiennes), le réalisateur britannique précieux (c’est un pléonasme !) ; aller se confesser ; gérer ses acteurs tels le séducteur Burt Gurtney (Channing Tatum) qui est en réalité un agent communiste au service de l’URSS ; consulter des consultants pour s’assurer de la bonne réception de ses films ; gérer ses acteurs du type Hobie Doyle (Alden Ehrenreich), un cowboy simplet qui joue des rôles de cowboys simplets . Eddie Mannix a une vie trépidante, donc, et se confesse souvent. Il rêve, parfois, d’avoir un autre métier, un métier qui lui donnerait plus de temps pour sa famille. Du coup, l’offre que lui fait Lockheed pour l’embaucher est vraiment tentante. Va-t-il renoncer à la folie hollywoodienne pour le prestige d’un emploi stable dans le complexe militaro-industriel ? Lire la suite

Sicario de Denis Villeneuve

Réalisateur que nous suivons depuis son deuxième film, Prisoners, que nous avions beaucoup aimé, et qui nous avait déçus avec le suivant, Enemy, Denis Villeneuve nous avait intrigués à l’annonce de Sicario. Les Boggans attendaient donc avec inquiétude ce nouveau film, d’une part parce que ses réalisations ont perdu en qualité et d’autre part parce que sur le thème de la lutte contre les cartels de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le film de Steven Soderbergh, Trafic, paraissait indépassable.

Le point de vue adopté par le film est celui de Kate Macer, chef d’une équipe du SWAT, qui officie non loin de la frontière avec le Mexique, côté américain néanmoins, et qui est spécialisée dans la recherche des disparus. Après une opération dantesque dans une maison isolée dans laquelle son équipe retrouve pas moins de 40 cadavres, Kate est invitée à se joindre à une opération du département de la lutte contre les drogues, dans le but d’aller faire des opérations directement sur le sol mexicain, l’objectif étant de mettre le main sur le responsable du trafic à la frontière, qui se trouve être également celui qui est derrière bon nombre de disparitions sur le sol américain.

Choquée par la découverte des cadavres sur son périmètre d’opération, Kate accepte de se joindre à l’équipe tout en doutant des raisons profondes de sa formation. Elle comprend d’ailleurs très vite que leur mission est différente quand, au lieu de se rendre à El Paso pour une opération de routine, l’équipe traverse la frontière pour exfiltrer un prisonnier du Mexique… Lire la suite

Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

1970. Gordita Beach, comté de Los Angeles. Larry « Doc » Portello (Joaquin Phoenix) est un privé hippie qui reçoit la visite surprise de son ex-girlfriend qui lui fait le numéro de la séduction pour qu’il l’aide dans une sordide affaire d’adultères impliquant un riche magnat de l’immobilier, sa femme et l’amant de sa femme, le but étant de faire interner le drôle pour récupérer le pognon, en utilisant la première affaire d’adultère comme prétexte. Vous me suivez ? Non, c’est pas grave, « Doc » non plus, mais il y va quand même, parce qu’il est sympa, et que c’est un privé hippie.

Suivons-le, donc, dans un crazy trip dans le LA de l’orée des seventies, avec des femmes fatales infidèles, des bikers nazis, des Black Panthers, des Indonésiens trafiquants de drogue, des musicos dopés (of course), des ex-camés, des junkies en activité, des agents du FBI, un policier du LAPD un peu dingue, des dentistes totalement déjantés et adeptes de l’évasion fiscale (et pas que), une assistante du procureur rigide mais qui aime les trips bad boys, des milices privés anti-hippie et pro-Nixon. Suivons-le, donc, dans le tableau kaléidoscopique de l’ère hippie lorsque le rêve tourne au cauchemar. Et que le retour d’acide devient synonyme de bad trip. Lire la suite