Transcendence de Waaaaa-lly Pfister

Oui, bon, ça commence mal cet article.

Allez un peu de sérieux.

Donc, voilà : le professeur Will Caster (Johnny Depp) est un chercheur renommé pour ses travaux dans le domaine de l’intelligence artificielle, de même que sa compagne, Evelyn (Rebecca Hall). De fait, Evelyn et Will donnent des conférences TED et minaudent à l’écran en montrant le prototype d’intelligence artificielle à Cillian Murphy qui est un agent du FBI, ce qui a le don d’énerver un groupe terroriste anti-technologie de néo-luddites (ce qui, soit dit en passant et histoire de faire mon cuistre, est une profonde insulte envers les luddites, témoignant d’une méconnaissance de ce qu’ils étaient). Or, donc, Bree (Kate Mara, vue dans House of Cards et toujours aussi insupportable et peu crédible) parvient à blesser Will lors d’un attentat. La blessure est superficielle… ouf ! Sauf que Bree et les siens ont empoisonné la balle avec du polonium (ce sont sans doute des agents du FSB !) et les jours de Will sont à présent comptés… Reprenant les travaux d’un collègue, Will projette alors de « sauvegarder » sa conscience en la téléchargeant dans un ordinateur suffisamment puissant pour l’accueillir, échappant ainsi à la mort programmée (ah, ah !). Lire la suite

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House of Cards (saison 1) de Beau Willimon

House of Cards_Saison 1Francis Underwood (Kevin Spacey), un parlementaire démocrate, attend bien sagement que le président des Etats-Unis, nouvellement élu, le nomme au prestigieux poste de ministre des Affaires Etrangères (Secretary of State). Pour celui qui a œuvré dans l’ombre à la victoire du candidat démocrate, c’est un juste retour des choses.

Mais contrairement à ce qui avait été prévu, le président nomme quelqu’un d’autre. Le chef du cabinet présidentiel, Linda Vasquez lui explique alors que le Président souhaite que Francis reste au Congrès pour l’aider dans l’adoption de réformes importantes et symboliques de son début de mandat.

D’abord atterré par cette nouvelle, Francis Underwood comprend qu’il a peut-être là une carte à jouer pour réaliser ses ambitions. Le plan est rapidement échafaudé:

Chapitre 1 : se débarrasser du ministre des Affaires Etrangères.

Chapitre 2 : faire passer une réforme importante sur l’école en s’attirant tous les crédits.

Chapitre 3 : viser un autre poste auprès du président, bien plus près de celui-ci…

La série a été tournée en quelques jours et l’ensemble des épisodes a été mis à la disposition des internautes sur le site de streaming Netfix le 1er février 2013. L’effet sur la série est visible : les épisodes se suivent sans se répéter et l’intrigue avance méthodiquement, presque heure par heure. On évite donc les effets Lost (épisodes longs avec cinq minutes de pseudo-révélation à la fin, mise en scène répétitive, trame narrative qui se perd dans des trames secondaires pour « remplir » les 23 épisodes). House of Cards compte 13 épisodes, la trame est linéaire et l’histoire va du point A au point B sans circonvolutions inutiles.

Le thème de la série n’est pas original en soi (d’autant qu’il s’agit de l’adaptation d’une série anglaise, elle-même adaptation d’un roman anglais) puisqu’il s’agit de présenter les rouages du milieu politique américain et ses collusions avec les médias, et on a l’impression d’avoir déjà vu cela cent fois avant. Cependant, la série tire son épingle du jeu par sa réalisation, sobre, classieuse et très efficace (David Fincher réalise les premiers épisodes et produit la série), et par ses personnages. Car si le personnage de Francis Underwood domine l’ensemble de la série, il est entouré par des personnages secondaires passionnants comme sa femme interprété par Robin Wright ou le pauvre Peter Russo. Et on se plait à mépriser le personnage de Zoe (Kate Mara), la journaliste ambitieuse qui est un cliché ambulant et qui ne s’en rend pas compte. (C’est d’ailleurs peut-être une des fragilités de cette série : le traitement un peu trop caricatural des journalistes, quant au songe, évidemment à la saison 4 de The Wire.)

Si parfois, quelques longueurs plombent un ou deux épisodes (surtout un en fait), si certaines scènes semblent peu crédibles et trop « hollywoodiennes », en rupture avec la sobriété cynique affichée par la série (notamment la scène entre Underwood et Russo dans le parking de son appartement dans l’avant-avant-dernier épisode), il n’en demeure pas moins que cette série est efficace, bien réalisée et très agréable à regarder. Cela faisait bien longtemps qu’une série américaine ne nous avait pas autant réjouis. Une saison 2 est annoncée ; elle semble logique au regard de la fin de la première saison. Mais attention à ne pas tomber dans tous les travers que la série a (presque) réussi à éviter jusqu’alors.