Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Adaptation d’une pièce de théâtre écrite en 1990 par Jean-Luc Lagarce, visiblement inspirée de recherches sur le langage (ou comment dans certaines circonstances la parole peut être action comme dans « la séance est ouverte »), réflexion prolongée par le dramaturge qui pose davantage la question du silence ou de l’impossibilité du dialogue. La pièce évoque également la question du retour, autant pour celui qui est parti que pour ceux qui l’attendent.

Louis (Gaspard Ulliel) est un dramaturge célèbre qui revient voir sa famille après une absence de douze années. Il  a envoyé régulièrement des cartes postales à sa famille, mais toujours sans texte. Il revient les voir car il a quelque chose d’important à leur dire : malade, il sait qu’il va bientôt mourir. Lire la suite

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The Lobster de Yorgos Lanthimos

Dans ce qui semble être notre époque contemporaine, les êtres humains se retrouvent le plus souvent seul, suite soit à un divorce, un décès, ou à moins qu’ils n’aient jamais rencontré l’âme sœur. Or, la société dans laquelle vivent ces hommes et ces femmes célibataires ne tolèrent pas les personnes seules. Pire : elles les pourchassent,  les considèrant comme des individus dangereux. Un centre d’aide, L’Hôtel,  a donc été créé pour venir en aide à ces personnes. Il rassemble tous les individus seuls, leur présente différents ateliers (danse notamment), leur fait subir quelques punitions éducatives, certaines particulièrement sadiques.

Les résidents ont un nombre de jours limité pour trouver, parmi les autres résidents, leur âme sœur. S’ils trouvent chaussure à leur pied, on les déplace dans une aile réservé aux nouveaux couples. Là, ils sont observés, guidés et parfois aidés dans leur apprentissage de la vie en couple. S’ils échouent, ils sont transformés en l’animal de leur choix. Ils peuvent gagner des jours supplémentaires s’ils parviennent à capturer dans la propriété du centre des êtres seuls.

David (Colin Farrel), qui vient de voir son frère transformé en chien, vient de faire son entrée à L’Hôtel. Il espère trouver l’âme sœur mais a déjà choisi son animal de transformation, le homard.  Lire la suite

007 Spectre de Sam Mendes

Le problème avec les reboots, c’est qu’ils prennent les spectateurs pour des buses, tôt (en général) ou tard.

Dans le cas de la franchise James Bond, nous aurons eu une petite dizaine d’années de répit, depuis le nouveau départ avec Daniel Craig dans Casino Royale en 2006 . Bon, c’est déjà pas mal, mais là, avec Spectre, les producteurs ont décidé de se rattraper et de se petit-suicider dans une apothéose de connerie abyssale. Mais je m’emporte. Reprenons.

Coulant de paisibles vacances au Mexique où il profite des festivités de la fête des Morts pour maraver la gueule à un type visiblement méchant en manquant de s’écraser en hélico, James se dit que, décidément, il ferait mieux de retourner à Londres, ce qu’il fait illico (ah, ah), le temps pour nous de découvrir un générique hideux et une chanson qui fait saigner des oreilles. Lire la suite