Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

Film librement inspiré de la vie de Jordan Belfort, ancien courtier de Wall Street, devenue star du coaching. A l’âge de 22 ans, Jordan (Leo DiCaprio) débute sa carrière de courtier en pensant qu’il est de son devoir de faire gagner de l’argent à ses clients. Dès son arrivée, il est pris sous l’aile protecteur de son patron, Mark Hanna (Matthew McConaughey), qui lui explique qu’il est là pour faire de l’argent, qu’il doit pousser les clients à investir afin de toucher les commissions, sans se préoccuper de la rentabilité immédiate ou future de l’investissement. De plus, il doit dépenser son argent, en drogue, en belles voitures ou en femmes. Bref, gagner vite, dépenser vite et vivre vite, tel est le crédo de Wall Street. Lire la suite

Hugo Cabret de Martin Scorcese

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQKlAxqvPz_WPLLzvnONjMwDjR7eW4ltNVWc-gaZ7wZqI5C1PcA_wRien, à priori, ne nous destinait à aller voir ce film qui paraissait plus être un pas en avant de la part de Scorcese dans sa fourvoyure récente en exploitant la veine du divertissement pour enfants à grands renforts de 3D commerciale et marketing. Et pourtant, les critiques étaient plutôt bonnes et le film était centré sur la personne de Georges Méliès. Alors…

  … nous y sommes allés. Et voilà que nous avons découvert une histoire d’un jeune orphelin qui vit dans la gare Montparnasse et qui s’occupe d’entretenir les horloges de cette gare, évoluant dans un univers mécanique d’horlogerie. Ce jeune garçon, Hugo, a perdu son père et ne garde de lui qu’un étrange automate qu’il s’évertue à réparer afin de le faire refonctionner un jour, persuadé qu’il détient un dernier message de la part de son père. Or, cet automate est un trait d’union entre lui et ce mystérieux vieil homme, amer et solitaire, qui tient le magasin de jouets et de confiseries de la gare…

Raconté ainsi, l’argument du film est en fait bien plus clair et ne se perd pas en digressions visuelles comme le film le fait. Car si le thème choisi par le film (les machines et automates et l’oeuvre de Méliès, les deux étant liés) est passionnant, si cette histoire d’orphelin en quête du souvenir de son père aidé par une jeune fille romantique passionnée par la lecture est, somme toute, ultra classique (surtout en ce qui concerne la littérature de jeunesse), une magie parvient à opérer dans le mélange de ces deux thématiques. En d’autres termes, l’histoire m’a entraîné (H. moins) et ce malgré les lourds défauts du film: jeu affligeant des deux jeunes acteurs et figé de Ben Kingsley (Scorcese est un très mauvais directeur d’acteurs, maintenant j’en suis sûr), lourdeurs dans la réalisation (les scènes de poursuite sont très mal faites, ne présentant jamais un plan où l’on voit le poursuivi et le poursuivant ce qui empêche de poser les enjeux de distance de la poursuite et donc annihile tout suspens) et ratages dans le montage (plusieurs plans s’enchaînent mal, faisant disparaître un personnage de l’écran qui réapparaît comme par magie (?) dans le plan suivant).

Enfin, trop souvent, malheureusement, l’intrigue avance par une suite de résolutions peu crédibles ce qui retire tout son enjeu à cette histoire. Ainsi, les enfants sont guidés par le libraire de la gare vers la bibliothèque de l’académie du cinéma mais on ne sait pas pourquoi (sont-ils allés lui demander de l’aide? l’a-t-il offert de lui-même?). Ils y trouvent un livre qui leur apprend qui est ce vieil homme qui tient le magasin de jouets (et qu’Isabelle, la jeune fille, appelle « papa Georges ») et pourquoi il est aussi amer. Et là, paf! ils rencontrent l’auteur du livre qui est, bien évidemment à l’affut de quiconque viendrait lire son livre dans la biliothèque. Je ne sais pas si cela vient du roman de jeunesse ou si l’intrigue du film a été volontairement simplifiée (mais pour quel but? gagner du temps pour permettre de faire des scènes de course-poursuite ratées?), mais c’est bien dommage, car il aurait été intéressant de voir comment ces enfants auraient cherché à rencontrer l’auteur pour en savoir plus. Et là, cela aurait permis au rôle de la fille de s’étoffer.

Et pourtant, et pourtant… Ce serait être un esprit chagrin (et les boggans ne sont pas boggarts en cette période des 12 jours et 12 nuits de tous les dangers) que de nier le plaisir que j’ai pris à regarder ce film. Le classicisme de l’histoire fonctionne bien, l’évocation de Méliès, même si elle est simpliste, est réussie. Les plus belles scènes sont sans nul doute celles consacrées au cinéma. D’ailleurs, Scorcese réaffirme la puissance du cinéma classique au détriment de cette 3D sombre, lourde et pataude lorsqu’il filme la réaction des spectateurs devant le film de l’entrée en gare. Cette mise en abîme du rôle du cinéma nous montre que le cinéma n’a absolument pas besoin de cette 3D puisque nous réagissons moins que les spectateurs que l’on voit filmés devant un écran en 2D et en noir et blanc.

Et Scorcese nous livre de vrais moments de beauté lorsqu’il filme Méliès en train de filmer et de réaliser. Certes, dans cette évocation rétrospective, il prend des libertés (inutiles à mon avis) avec la véritable histoire de cet enchanteur qu’était Méliès, mais il n’empêche: il arrive, véritable prouesse, à conserver la magie d’un magicien qui fabrique ses tours alors qu’il nous les montre. Et là, c’est formidable.

Je rends grâce, donc, à Scorcese d’avoir, à l’instar du personnage d’historien du cinéma (là encore fictif, alors qu’un véritable personnage historique a effectivement joué ce rôle, pourquoi ne pas le dire?), tirer Méliès de l’Oubli dans lequel il était plongé grâce à ces deux enfants qui sont les héros de son film.

Et puis les machines, les trucages, les illusions sont merveilleuses en ce qu’elles sont visibles. Elles deviennent même un paradigme pour les enfants qui voient le monde ainsi, comme une machine dans laquelle ils sont des pièces et donc ont un rôle (ce qui me pose d’ailleurs un léger problème comme morale d’une histoire pour enfants). Et cet automate! A-t-il existé? Est-ce l’un des automates que Méliès a racheté de la collection de Robert Houdin?

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Tout ceci m’a replongé dans ma fascination pour Méliès et pour son mentor spirituel dont il s’est érigé en héritier, le magicien Robert Houdin (et ceux qui connaissent Blois savent de quoi je parle…). J’avais toujours eu envie de faire jouer un scénario de JDR avec Méliès en personnage central mais je ne l’avais jamais fait, faute de savoir comment m’y prendre, comment rendre l’enchantement de/ à ce vieil homme, amer, désabusé, ayant volontairement oublié son passé et son oeuvre. La proposition de Scorcese m’a convaincu, malgré tous ses défauts.

Pour finir, cela m’a vraiment donné envie de revoir les films de Méliès. Et cet hommage de Scorcese à l’un des pères du cinéma a donc atteint, je crois, son but.

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Boardwalk Empire (saison 1)

Annoncée comme la série de Martin Scorsese, il n’aurait réalisé en fait que le premier épisode, le reste étant confié à d’illustres inconnus. Le scénario quant à lui  est écrit par Terence  Winter (Les Sopranos) d’après un roman de Nelson Johnson, cette série était plus que prometteuse.

Boardwalk Empire se passe principalement dans la ville d’Atlantic City dans les années 20. Le personnage central de cette série s’appelle Enoch « Nucky » Thompson, un homme riche et puissant qui contrôle cette ville. A la veille de l’entrée en vigueur de la prohibition, Nucky est bien décidé à faire de l’argent en continuant à vendre de l’alcool dans ses hôtels et dans ses bars tout en s’assurant de son contrôle de la ville.

Gravitent autour d’Enoch: une maîtresse nymphomane (qui a tenu Mathieu éveillé pendant quelques épisodes), un frère shérif plus alcoolique que compétent, un bras droit au fort accent allemand et des adjoints à n’en plus finir.

Tous ont un point commun, l’appât de l’argent, et Nucky en a beaucoup.

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Who’s that Knocking at My Door de Martin Scorsese

https://i0.wp.com/a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/69/60/99/19069726.jpgIl s’agit du premier film de Martin Scorsese, réalisé en 1967 et qui est sorti sur les écrans en France en 2009. Il était projeté hier soir à Mamers, donc nous avons pu voir les débuts cinématographiques du grand Scorsese. Le film se passe à New York et suit les tribulations de J.R qui partage son temps entre ses copains italiens, petits malfrats des rues et Susan, jeune femme qu’il a rencontré dans une salle d’attente et qui partage avec lui une passion pour les westerns. Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu’au moment où Susan lui confie qu’elle s’est faite violer quelques années auparavant par l’homme qu’elle fréquentait alors. J.R réagit violemment en lui affirmant qu’il ne croit pas un mot de son histoire (en gros, il pense qu’elle invente cette histoire de viol pour masquer le fait qu’elle n’est plus vierge), il l’a quitte avant de revenir vers elle pour l’épouser, « quand même », selon ses propres termes car il a réussi à lui pardonner. Lire la suite

Shutter Island de Martin Scorcese

Le US Marchal Teddy Daniels est envoyé à Shutter Island, une île au large de Boston, pour enquêter sur la disparition de Rachel Solando. Rachel est une patiente de l’asile installé sur Shutter Island, un asile particulier puisqu’il n’accueille que des criminels dangereux. Teddy est épaulé dans son enquête par un autre détective, Chuck Aule. Arrivés sur les lieux, les deux hommes doivent mener l’enquête dans un milieu plutôt hostile: personnels peu bavards, patients impossible à interroger, et direction qui se cache derrière la protocole pour ne pas donner tous les documents relatifs à l’affaire. Rapidement, Teddy soupçonne déjà tout le personnel d’être de mèche pour nuire à l’enquête et empêcher sa résolution. Lire la suite