Boussole de Mathias Enard

Malheureusement pour nous, pauvres lecteurs, Frank Ritter, un musicologue épris d’Orient et vivant à Vienne, est insomniaque. Tout au long de la nuit et pour ce qui correspondra à la longueur du roman, il va laisser son esprit divaguer dans les méandres de sa mémoire, avec pour unique boussole, Sarah, spécialiste de l’Orient des artistes et des voyageurs, une femme qu’il a cherché en vain à conquérir… Lire la suite

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Rue des voleurs de Mathias Enard

https://i1.wp.com/www.versatile-mag.fr/wp-content/uploads/2012/11/CVT_Rue-des-voleurs.jpegLakhdar voit sa vie basculer le jour où il est surpris par sa famille dans les bras de sa cousine, Meryem. La jeune fille est répudiée, envoyée dans la campagne marocaine où elle ne vivra que de souffrances. Lakdhar lui est rejeté par sa famille, jeté comme un chien à la rue, sans travail, sans toit, sans famille désormais. Après un an d’errance, il rejoint un groupe d’islamistes qui lui donnent du travail et un emploi en échange d’un petit travail de libraire. Lakdhar va à la mosquée, mais regarde avec incrédulité ces croyants qui veulent porter le glaive de l’Islam. Lui rêve de filles, de Meryem, de l’Europe qui est à quelques encablures de Tanger, d’Occident. Du Maroc, il voit la vie défiler autour de lui: les révolutions arabes sont ailleurs, de même que l’avenir. Petit à petit il sera emporté loin de son pays natal vers l’Espagne où il se rendra compte que là aussi la Révolution fait rage mais qu’elle ne va pas non plus le concerner.

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Zone de Mathias Enard

https://i2.wp.com/media.paperblog.fr/i/260/2604046/zone-mathias-enard-L-1.jpegA Milan, un homme traverse la gare vers les quais d’embarquement. Ses papiers sont au nom d’Yvan Deroy même si l’homme qui répond à ce nom est en réalité un néo-nazi interné en hôpital psychiatrique pour schizophrénie violente. Il est heurté par un clochard coiffé d’un bonnet de lutin et avec une clochette au poignet gauche qui lui propose en italien « une dernière poignée de main avant la fin du monde ? »

Notre homme, visiblement troublé, repart avec nervosité, serrant un peu fort d’une main crispé la poignée de sa valise. Car notre homme s’appelle en réalité Francis Servain Mirkovic ; il est Franco-Croate, agent de renseignement français, porteur d’une valise qui rassemble ses cinq ans de travail passés au service de l’Etat français, contenu qu’il va vendre au Vatican à Rome afin de changer de vie.

Il monte enfin dans le train, s’avachit sur son fauteuil alors que le paysage commence à défiler derrière sa fenêtre, et, écrasé mentalement par une gueule de bois de la veille qui lui a fait raté son avion entre Paris et Rome et qui l’a obligé à prendre ce train, ses pensées défilent alors, réminiscences de 20 ans passés dans la « Zone », c’est-à-dire la Méditerranée, de la guerre des Balkans aux montagnes de l’Atlas algérien, des cabarets sordides d’Alep aux chambres d’hôtels de Venise, d’Alexandrie, de Barcelone en compagnie de ses maîtresses – Marianne, Stéphanie, Sashka – jusqu’aux couloirs aux bruits étouffés des services secrets français. Lire la suite

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard

https://i2.wp.com/www.leblogdemanu.com/wp-content/uploads/2010/08/Parle-leur-de-batailles...-Mathias-Enard1.jpg1506. Constantinople. Michel-Ange vient de débarquer dans cette ville étrange sur invitation du Sultan et dans le but de construire un pont reliant les deux rives de cette ville. Excédé par le comportement du Pape, qui ne lui permet pas de réaliser un tombeau majestueux, Michel-Ange a accepté l’invitation du Sultan à la fois pour sa gloire personnelle (Léonard de Vinci a été un temps l’architecte de ce futur pont mais ses plans ont déplu), mais également pour se « venger » de ce Pape que le néglige trop, en allant travailler pour son pire ennemi. Sur place, Michel-Ange découvre cette ville étrange, envoûtante et maligne. Il fait la connaissance d’un poète, Mesihi qui sera son interprète et lui permettra de découvrir le charme de Constantinople, condition indispensable pour rêver ce pont.

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