Suburbicon de George Clooney

Dans l’Amérique des années 50, Suburbicon est un produit marketing en vogue, un prototype de la gated community avec sa homeowner association, offrant à ses clients plutôt fortunés, une résidence dans un quartier en autarcie partielle, incluant tous types de service (hôpitaux, écoles, commerces), et offrant la sécurité et la tranquillité d’une vie en banlieue loin des affres de la ville. Gardner Lodge (Matt Damon) y vit avec sa femme Rose (Julianne Moore), son fils Nicky (Noah Jupe) et sa belle-soeur Margaret (Julianne Moore), jumelle de son épouse. Une nuit, deux individus pénètrent par effraction dans leur maison et tuent Rose. Pour le bien-être de Nicky, Margaret s’installe avec Gardner et la famille semble reprendre une vie à peu près normale. Depuis quelque temps en effet, l’installation d’une famille noire a perturbé le voisinage, majoritairement blanc, et la tension monte entre les voisins. Gardner, lui, n’attend qu’une chose, toucher l’assurance vie de sa femme décédée et partir avec sa jumelle, Margaret. Pour Nicky, il apparaît de plus en plus évident que son père a quelque chose à voir avec la mort de sa mère Rose. Lire la suite

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Jason Bourne de Paul Greengrass

Et donc Jason Bourne (Matt Damon) n’est évidemment (toujours) pas mort. Quand bien même on ne souvient plus vraiment de la manière dont se terminait le précédent film (dans l’Hudson ?), peu importe : Jason Bourne est toujours là, obligé de sortir de sa cachette, et il n’est pas content.

Il va donc s’en prendre au directeur de la CIA, Robert Dewey (Tommy Lee Jones), à son homme de main (Vincent Cassel) et dévoiler leurs néfastes plans en lien avec une multinationale des réseaux sociaux, Deep Dream dirigé par un gourou du Net 2.0, Aaron Kalloor (Riz Ahmed), le tout avec l’aide inattendu (hum, hum) de la nouvelle directrice de la branche cybernétique de l’Agence, Heather Lee (Alicia Vikander). Lire la suite

The Martian de Ridley Scott

Jetant un œil rapide sur la filmographie de Ridley Scott, force est de constater que depuis quelques années ses films perdent en qualité et deviennent de vrai désastres cinématographiques. The Counselor parvenait à condenser dans un même film un scénario de McCarthy plutôt moyen avec une réalisation assez médiocre, ce qui donnait au final une oeuvre tape-à-l’œil et très peu intéressante. Exodus, pourtant promis aux bonnes grâces du film du vendredi soir, n’arrivait même pas à atteindre son objectif tellement il était mal fichu, mal filmé et aussi intéressant qu’un épisode de Grimm. Et je ne parle même pas de Prometheus qui aurait mérité une condamnation pour haute trahison. Douchés à de nombreuses reprises par les promesses non tenues de ce réalisateur, nous avons donc abordés The Martian de la manière la plus neutre : on espère rien, on attend rien. Et pour le coup on a été plutôt agréablement surpris.

Le scénario de ce film ne casserait pas trois pattes à un canard : lors d’une mission sur Mars, une équipe de scientifiques est contraint de quitter le sol martien car une tempête menace. Mais alors que l’ensemble de l’équipage s’apprête à remonter à bord du véhicule spatial, l’un d’eux est impacté par un débris, emporté par une rafale de vent et disparaît dans les bourrasques martiennes. Ne pouvant attendre de le retrouver, l’engin quitte la planète laissant derrière lui l’un des leurs qu’ils pensent mort. Sauf qu’il est vivant. Mark Watney (Matt Damon) se retrouve donc seul sur Mars, contraint de survivre avec le peu de ressource laissées sur place, condamner à trouver un moyen d’entrer en communication avec la Terre, dans l’espoir que quelqu’un viendra le rechercher. Un scénario classique pour l’acteur Matt Damon qui a déjà fait l’objet d’une mission de sauvetage. D’autres temps, d’autres mœurs. Lire la suite

Interstellar de Christopher Nolan

Dans une campagne américaine très proche de l’imagerie des années 1930 , du Dust Bowl et de la Grande Dépression, Cooper semble faire partie d’un temps révolu, où les ingénieurs regardaient le ciel pour savoir comment aller sur Mars ou comment en savoir plus sur notre univers. Dans le présent de Cooper, la Terre est devenue l’ennemie et les hommes se sont résignés à subir les catastrophes naturelles qu’elle leur fait subir comme s’il s’agissait d’une punition divine. Toute l’économie terrestre se porte sur l’agriculture, les budgets de la défense, de la recherche spatiale et, on suppose, des autres domaines d’activités humaines ont été gelés, leurs fonds transférés vers la seule activité encore utile, l’agriculture. Les jeunes sont poussés vers la culture de la terre et la recherche agroalimentaire, dans l’espoir de conjurer la disparition progressive des céréales. Les enseignants vont même jusqu’à prétendre que la conquête spatiale n’a jamais existé, qu’elle n’était que l’un des rouages de la lutte contre le communisme. L’entêtement est tel que Cooper se moque des agriculteurs ayant refusé de se mettre au maïs, seule plante encore cultivable, sans voir que ce dernier est le prochain à disparaitre, sans se poser la question de ces disparitions. L’humain se résigne alors à s’adapter, même si des personnes comme Cooper, ex-pilote de la NASA, ne supportent plus ce renoncement et reste fascinés par les technologies d’antan. Lire la suite

The Monuments Men de George Clooney

The Monuments Men de George ClooneyGeorge Clooney revient sur un épisode méconnu et véridique de la Seconde Guerre mondiale, quand les Alliés décidèrent de remettre la main sur tous les tableaux volés et déplacés par les nazis. The Monuments Men raconte donc l’histoire de cette brigade improbable, mise sur pied par un professeur de Harvard et qui devait, en suivant l’avancée des troupes alliées, retrouver les chefs-d’œuvres de l’humanité, quitte à pénétrer du côté allemand, pour les sauver avant que ces derniers, de dépit, y mettent le feu. L’équipe était composée de sept membres : Frank Stokes, James Granger, Richard Campbell, Walter Garfield du côté américain, Donald Jeffries un anglais et notre emblème national Jean-Claude Clermont. Des directeurs de musée, des spécialistes d’architecture ou de restauration, qui allaient pour un temps et pour la sauvegarde du patrimoine de l’humanité devenir des soldats… Lire la suite