Interstellar de Christopher Nolan

Dans une campagne américaine très proche de l’imagerie des années 1930 , du Dust Bowl et de la Grande Dépression, Cooper semble faire partie d’un temps révolu, où les ingénieurs regardaient le ciel pour savoir comment aller sur Mars ou comment en savoir plus sur notre univers. Dans le présent de Cooper, la Terre est devenue l’ennemie et les hommes se sont résignés à subir les catastrophes naturelles qu’elle leur fait subir comme s’il s’agissait d’une punition divine. Toute l’économie terrestre se porte sur l’agriculture, les budgets de la défense, de la recherche spatiale et, on suppose, des autres domaines d’activités humaines ont été gelés, leurs fonds transférés vers la seule activité encore utile, l’agriculture. Les jeunes sont poussés vers la culture de la terre et la recherche agroalimentaire, dans l’espoir de conjurer la disparition progressive des céréales. Les enseignants vont même jusqu’à prétendre que la conquête spatiale n’a jamais existé, qu’elle n’était que l’un des rouages de la lutte contre le communisme. L’entêtement est tel que Cooper se moque des agriculteurs ayant refusé de se mettre au maïs, seule plante encore cultivable, sans voir que ce dernier est le prochain à disparaitre, sans se poser la question de ces disparitions. L’humain se résigne alors à s’adapter, même si des personnes comme Cooper, ex-pilote de la NASA, ne supportent plus ce renoncement et reste fascinés par les technologies d’antan. Lire la suite

The Monuments Men de George Clooney

The Monuments Men de George ClooneyGeorge Clooney revient sur un épisode méconnu et véridique de la Seconde Guerre mondiale, quand les Alliés décidèrent de remettre la main sur tous les tableaux volés et déplacés par les nazis. The Monuments Men raconte donc l’histoire de cette brigade improbable, mise sur pied par un professeur de Harvard et qui devait, en suivant l’avancée des troupes alliées, retrouver les chefs-d’œuvres de l’humanité, quitte à pénétrer du côté allemand, pour les sauver avant que ces derniers, de dépit, y mettent le feu. L’équipe était composée de sept membres : Frank Stokes, James Granger, Richard Campbell, Walter Garfield du côté américain, Donald Jeffries un anglais et notre emblème national Jean-Claude Clermont. Des directeurs de musée, des spécialistes d’architecture ou de restauration, qui allaient pour un temps et pour la sauvegarde du patrimoine de l’humanité devenir des soldats… Lire la suite

The Adjustment Bureau (L’Agence) de George Nolfi

Epoque contemporaine. David Norris est en campagne pour le siège de sénateur dans l’Etat de New York. Alors que tous le donnent gagnant, une photo de lui prise pendant une « prank » datant de ses années d’université est publiée la veille du scrutin dans un journal, ce qui ruine ses espoirs. Un peu avant l’annonce des résultats, David s’isole dans des toilettes pour préparer son discours de défaite. Il rencontre alors une femme dont il s’éprend immédiatement. Inspiré par cette rencontre, David prononce un discours remarqué, et décide de se relancer pour les prochaines élections. Un mois plus tard, David a repris sa vie. Dans le bus qui l’amène à son nouveau travail, il retrouve cette femme. Ils décident alors de se revoir, mais quand David arrive en avance à son bureau, il voit ce qu’il ne devrait pas voir. Des hommes en chapeau « lobotomise » les membres de son cabinet. David apprend alors que ces hommes font partie d’une agence qui « régule » le monde d’après un plan bien défini. Il apprend également que selon ce plan, il doit se représenter aux élections et que Elise, la femme qu’il a rencontrée dans les toilettes, a servi ce but mais qu’à présent, il ne doit plus la revoir. Problème, David est amoureux d’elle…

Il y a presque deux films en un : une histoire d’amour et un film de science fiction. Si l’histoire d’amour est assez réussie, notamment grâce au duo d’acteurs (je disais à Mathieu hier, que Matt Damon joue très bien les amoureux, il n’en fait ni jamais trop, ni pas assez, il est souvent très juste comme dans la scène de cuisine dans le dernier Eastwood), le film de science-fiction, par contre, est plutôt raté. Les hommes au chapeau, qui font clairement référence à toute cette mythologie autour des hommes en noir, ne donnent pas au film une atmosphère particulière (à la différence de Dark City par exemple). Quant à l’intrigue, elle ne tient pas vraiment. Déjà cette histoire de Grand Patron qui ne laisse plus à l’humanité son libre arbitre depuis les années 50 parce que cela a conduit à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, est une piètre justification à l’usage de ces hommes en chapeau. Puis comparé aux agissements de David pour retrouver cette femme, on ne comprend pas bien pourquoi ce Grand Patron ne décide pas d’intervenir plus radicalement. L’explication de l’eau est aussi limite. Au final, le film est plaisant grâce à ses deux acteurs, mais le scénario ne tient pas sur la longueur.

— LN

Est-ce parce que c’est l’adaptation d’une nouvelle (de Philip K. Dick — les scénaristes hollywoodiens pourraient aussi se dire à un moment qu’il a peut-être d’autres auteurs : je n’ai rien, au contraire, contre K. Dick, mais bon…) dont l’écriture et l’intrigue devaient être plus resserrées ? Il est vrai que la narration souffre de faiblesse et que l’atmosphère oscille toujours entre le fantastique et le sentimental sans jamais trouver le bon équilibre. Pas déplaisant, mais pas indispensable.

— Mathieu