Enemy de Denis Villeneuve

Le ton du film est donné dès les première minutes : une ville dans le brouillard, une musique inquiétante et un homme, Adam Bell (Jake Gyllenhaal),  mal à l’aise avec lui-même qui répète un cours sur les dictatures et comment elles se maintiennent devant un amphi presque vide . On découvre en quelques minutes ce qu’est sa vie : une vie terne de professeur d’histoire en université, sans père, avec une mère éloignée et une relation amoureuse par intermittence avec une belle blonde (Mélanie Laurent). Voilà pour la situation initiale.

Vient l’élément perturbateur : un collègue lui demande au travail s’il aime le cinéma et lui conseille un film, Where There’s a Will There’s a Way. En rentrant chez lui, il s’arrête dans un magasin de location et loue le film, puis le regarde seul alors que sa partenaire dort dans une autre pièce. Parmi les acteurs secondaires du film, il voit son sosie. Intrigué et anormalement perturbé par cette coïncidence, il décide de voir les autres films de cet acteur, Anthony Claire (nom de scène, Daniel St-Claire). Dans les jours qui suivent Adam cherche à rencontrer Anthony. Il découvre que ce dernier est marié, que sa femme est enceinte et qu’ils sont des sosies parfaits (même physique et même voix).

(Attention : révélations à suivre…)

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Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

C’est un western avec des nazis et des juifs, des GIs et des civils français à la fois dans la réalisation comme dans la musique. C’est un hommage au cinéma, notamment au cinéma français *et* allemand des années 40. C’est un hommage aux films de genre. C’est enfin et surtout un hymne à la gloire et à la saveur des langues, de leur musique, de leur complémentarité, de leur manière de voir et de penser.

C’est le dernier Tarentino, Inglorious Basterds et c’est un très bon film.

Je ne suis pas un grand fan de Tarentino: j’avais beaucoup aimé Pulp Fiction, par lequel j’avais commencé (au cinéma au lycée) continuant par Reservoir Dogs. Jackie Brown m’avait ennuyé et j’avais été totalement hermétique à Kill Bill n’ayant pas réussi à aller au bout du premier, le trouvant trop appuyé, trop « je suis ridicule mais je suis conscient de l’être donc je ne le suis pas » (une sorte de film post-moderne de genre…). Quant à Boulevard de la mort, pas vu, pas pris.

Et pourtant, là, c’est excellent.

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