Crimson Peak de Guillermo del Toro

Dernier film très attendu du réalisateur Guillermo del Toro, capable du meilleur (Le Labyrinthe de Pan) et du pire (la série des Hellboy, Pacific Rim), et qui, au vu des quelques images et de la bande annonce accompagnant sa sortie, avait éveillé chez les Boggans de grandes espérances. Le film promettait une incursion magistrale dans la fantaisie gothique, par l’un des maîtres du genre. On en piaffait d’impatience.

Dès les premières images, le spectateur est directement plongé dans une ambiance très gothique noir : l’héroïne, la jeune Edith  Cushing (Mia Wasikowska) reçoit régulièrement le fantôme de sa mère, morte de la peste noire, qui lui répète ces mots qu’elle ne comprend pas : « méfies-toi de Crimson Peak ». Arrivée à l’âge adulte, Edith rêve de devenir un écrivain, mais refuse de se plier aux injonctions éditoriales qui imposent aux femmes l’écriture de romans d’amour. Edith veut écrire sur les fantômes, qu’elle connait bien du reste.

Son quotidien de jeune femme américaine est bouleversé par la rencontre avec un noble anglais, Sir Thomas Sharpe d’Allerdale Hall (Tom Hiddleston). Ce dernier s’intéresse de près à l’ingénierie et sollicite un peu partout dans le monde l’aide d’industriels pour financer ses projets, afin de sortir son domaine familial de la déchéance. Le père d’Edith est un richissime entrepreneur industriel, c’est donc tout naturellement que Thomas va chercher son appui financier. Déprisé par le père, Thomas tente tout naturellement une ouverture par la fille, qui tombe rapidement sous le charme de ce noble ruiné. Se méfiant davantage des fantômes que des séducteurs, elle ne voit pas le piège que vont lui tendre Thomas et son étrange sœur, Lucille (Jessica Chastain)… Lire la suite

Madame Bovary de Sophie Barthes

Nouvelle adaptation du roman de Gustave Flaubert avec une équipe américaine (Sophie Barthes à la réalisation et son mari Andrij Parekh à la photographie, ce dernier a été également responsable de la photo sur deux films excellents qui sont Blue Valentine et Half Nelson), de prestigieux acteurs américains (Mia WasikowskaPaul Giamatti, Ezra Miller), quelques acteurs francophones comme Olivier Gourmet et des figurants locaux dont quelques uns de nos élèves. Un film qui met en émoi une bonne partie de l’Orne, car il a été tourné dans le Perche. Les avant-premières se succèdent avec l’équipe du film, assurant à ce dernier un relatif succès dans nos contrées perdues, succès immérité pour un film assez pauvre dans sa mise en scène et franchement à côté pour ce qui concerne l’adaptation de l’oeuvre de Flaubert. Il est d’ailleurs assez triste de constater que le public se déplace pour voir les décors naturels du Perche (qu’ils voient pourtant sous leurs yeux tous les jours) et non pour voir l’adaptation proprement dite. Et en même temps force est de constater qu’à part les décors du Perche, il n’y a rien de bien intéressant dans ce film. Lire la suite