Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1945

Double exposition présentée au Musée de l’Orangerie pour la première partie allant de 1839 à 1919 et au musée d’Orsay pour la seconde partie allant de 1918 à 1945. L’objectif de cette double exposition est de décrire l’avènement de la femme photographe, d’accompagner ces femmes dans le temps pour les voir s’affranchir d’un certain nombre de normes, et de poser sans équivoque la question de la place des femmes dans l’Art ou, pour le formuler autrement, pourquoi elles ont investi le champ de la photographie (puis du cinéma) avec tant d’ardeur et de réussite.

Lire la suite

Publicités

Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 au Musée d’Orsay

Décidément, il y a une thématique assez claire qui émane depuis quelques années des expositions parisiennes (mais également dans les films, les séries télévisées). Après la décevante exposition sur Sade, la clinquante exposition au Petit Palais, Paris, 1900, le Musée d’Orsay nous fait plonger une nouvelle fois dans les aspects les plus troubles de cette période de la fin du XIXème  ou du début XXème à Paris. Cette fois, il n’est pas question de décrire les fastes de la capitale française, mais bien de nous présenter quels regards ont porté les artistes de cette seconde moitié du siècle sur la prostitution.

Lire la suite

Sade : attaquer le soleil au musée d’Orsay

Etant de bon matin au centre de Paris et devant attendre jusqu’à 17h pour prendre le tortillard vers mes terres sarthoises, il me fallait occuper mon temps, si possible à l’abri et au chaud. De chaud à Sade, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement, l’expo ne m’intéresse pas vraiment (j’ai trouvé le teaser de la partouze d’un goût vieillot et douteux) mais elle est gratuite pour les enseignants ce qui est un avantage. Lire la suite

Gustave Doré au musée d’Orsay & Jaurès aux Archives Nationales

Escapade parisienne (II) : Gustave Doré au musée d'Orsay & Jaurès aux Archives Nationales

Quelques minutes d’attente pour une exposition assez succincte sur Gustave Doré. L’expo est divisée en deux parties, la première au niveau 1 du musée, la suite de l’expo est au niveau 5. Dans la première partie, le visiteur peut admirer les toiles monumentales de Doré, ainsi que ses sculptures. J’ai beaucoup aimé la série de Saltimbanques, un peu moins ses sculptures et encore encore moins ses peintures religieuses. En ce qui concerne son travail d’illustrateur, son travail sur l’Enfer de Dante est présenté dans cette salle, puis comparé à des films muets des années 20 qui ont pour beaucoup repris l’esthétisme de Doré.

Au niveau 5, l’expo s’organise autour de six thématiques, si je me souviens bien : les caricatures, Londres, l’Espagne, l’histoire et notamment la guerre de 1870, la Bible, les paysages. Dans l’espace dédiée aux caricatures sont présentées les illustrations faites par Doré sur les textes de Rabelais. De Londres, Doré a peint des paysages de ville (qui aurait inspiré Oliver Twist de Polanski), et a illustré le Paradis perdu de Milton en autre. Il aurait envisagé d’illustrer certains textes de Shakespeare, mais n’aurait pas été au bout de son projet. De l’Espagne, Doré a bien évidemment illustré le Don Quichotte et peint des portraits pittoresque de l’Espagne. Ses peintures historiques sont assez distrayantes, par contre elles sont tellement surchargées de symbolisme qu’elles en deviennent proprement illisibles à l’œil contemporain.La partie sur la Bible ne m’a vraiment pas intéressée, mais j’ai appris que Doré était croyant et accordait beaucoup d’importance à la religion. Et sinon, il est passionné d’alpinisme, ce qui nous vaut en fin d’exposition quelques beaux paysages de montagnes… qui m’ont laissé de marbre.

Gustave Doré au musée d'Orsay & Jaurès aux Archives Nationales

Gustave Doré. Les Saltimbanques. 1874

Je suis ressortie de l’exposition avec à l’esprit une vision d’un artiste touche-à-tout, mais qui n’a vraiment excellé que dans l’illustration et à qui la bande dessinée et le cinéma doivent beaucoup.

Gustave Doré au musée d'Orsay & Jaurès aux Archives Nationales

Et pour clore ce week-end parisien, un petit tour aux Archives Nationales pour y voir une exposition consacrée à Jean Jaurès. Après un dialogue surréaliste avec le détenteur des clefs des casiers et après avoir brillamment répondu à toutes une série d’énigmes posées par ce gardien d’un autre âge, nous obtenons enfin les précieuses clefs pour nous décharger de nos affaires et aller d’un pas inquiet mais déterminé vers l’étage des expos.

L’exposition est divisée en cinq parties : l’assassinat, des humanités à l’Humanité, Jaurès député, La France de Jaurès et le socialisme de Jaurès.

La première partie revient bien évidemment sur l’assassinat de Jaurès qui le fait entrer de plain pied dans l’histoire et nous fait entrer, nous visiteur, dans cette exposition. La deuxième partie est consacrée à ses années de jeunesse, de sa naissance dans le Tarn jusqu’à la fondation de son journal en passant par une présentation de sa famille, de ses études et de ses premiers écrits de journalistes. La troisième partie présente le tribun Jaurès et revient sur deux de ses batailles parlementaires, l’une gagnée (la séparation de l’Eglise et de l’Etat) et l’autre perdue (la loi des trois ans sur le service militaire). La quatrième partie revient sur les activités politiques de Jaurès, lorsqu’il se déplace dans la France rurale pour aller soutenir des grévistes, que ce soit dans des mines, dans des usines de verreries ou auprès des viticulteurs. Vient enfin la dernière partie de l’exposition consacrée au socialisme de Jaurès, sa vision et son militantisme en France et à l’étranger. Trois valeurs jaurésiennes sont au coeur du personnage : la justice avec en exemple l’affaire Dreyfus, la fraternité et le pacifisme. La conclusion est donnée par la voix de Jacques Brel, lorsque les mineurs accompagnent le transfert des cendres de Jaurès au Panthéon.

Personnellement je trouve le découpage de l’expo bien fichu et l’entrée en matière avec l’assassinat de Jaurès est plutôt malin. J’ai apprécié que l’expo ne s’appesantisse pas sur la famille de Jaurès et se consacre beaucoup plus à son rôle de tribun, d’homme politique et de militant. Je trouve la scénographie autour de deux batailles parlementaires de Jaurès bien vue, elle nous permet de mieux entendre sa voix et offre un pause bien méritée dans une exposition plutôt riche. Reste quelques regrets : j’aurais aimé en (s)avoir plus sur les deux dernières parties (La France de Jaurès et le socialisme), qui de loin étaient les plus passionnantes. Et puis petit détail, à de nombreuses reprises, des discours ou des textes de Jaurès étaient affichés tout au long du parcours, mais uniquement la première page et non la suite. Moi qui voulais les lire, j’ai trouvé ça dommage de ne pas mettre les textes en intégralité, cela donnait l’impression qu’ils n’étaient là que pour faire « joli ». Or il s’agit de documents historiques intéressants à lire et qui ont toute leur place dans ce genre d’exposition.

Gustave Doré au musée d'Orsay & Jaurès aux Archives Nationales

Au cœur de l’exposition