This Side of Brightness de Colum McCann

New York, 1991. Un SDF aperçoit le cadavre d’un large oiseau pris dans la glace de l’Hudson River. Par de multiples jets de pierre, l’homme parvient à délivrer l’oiseau de l’emprise de la glace et le regarde sombrer doucement. Puis il regagne son « nid » dans les bas-fonds du métro.

1916. Nathan Walker s’est installé à New York pour travailler dans la construction des tunnels reliant l’île de Manhattan à Brooklyn. Il est devenu un sandhog, et a rejoint la cohorte des travailleurs émigrés, irlandais et italiens notamment. Un travail dangereux qu’il fait avec la fierté de construire cette ville. Lorsqu’une poche de gaz se forme dans l’un des tunnels, Nathan se retrouvé piégé avec son équipe. Cette même poche de gaz finira par les expulser, lui et quelques autres, au beau milieu de l’Hudson River. Renouant avec l’air ambiant, Nathan renait à la vie mais porte le poids de la mort d’un de ses collègues, Con O’Leary. A jamais lié à cette famille irlandaise, Nathan va s’offrir une deuxième vie, en espérant qu’elle l’emmènera davantage vers la lumière… Lire la suite

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Let the Great World Spin de Colum McCann

Un musée éphémère. C’est en ces termes que l’un des personnages du roman, Solomon Soderberg, décrit la performance de Philippe Petit en ce matin du 7 août 1974. Un musée éphémère comme seul musée possible dans la ville de New York, peu préoccupée de son passé et toujours tournée vers l’avenir.

Le roman s’ouvre sur une scène urbaine : un homme marche dans les airs sur un fil tendu entre les deux tours du World Trade Center. Les passants qui l’observent depuis le sol sont à la fois éberlués par son audace et terrifiés à l’idée qu’il dérape, et tombe dans le vide. Pendant une heure, l’homme marche suspendu dans les airs, s’allonge sur le fil, une jambe au repos dans le vide, court entre les deux tours jumelles. Point d’ancrage du roman, la performance de Petit restera un épisode à part dans la trame du roman, un événement évoqué par les différents personnages du roman mais, et il faut ici reconnaître l’extraordinaire intelligence de Colum McCann,  jamais vraiment raconté. Tout juste évoque-t-il sa préparation ou son retour brutal sur des réalités plus terrestres. L’auteur choisit délibérément de s’attarder davantage sur ce que la performance a signifié pour ceux qui l’ont vu, ce qu’elle a provoqué autour d’elle.

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The Knick (saison 1) de Steven Soderbergh

Les boggans aiment Soderbergh. Même lorsque ce dernier réalise des films expérimentaux (Bubble) ou mineurs (Side Effects, Magic Mike, Contagion), ils sont toujours intéressants, et lorsqu’ils sont réussis (Traffic, Solaris), ils confinent au génial. Alors quand sort une série réalisée et produite par Soderbergh et traitant de la naissance de la chirurgie moderne, l’un de ses thèmes de prédilection (le corps, la santé), les boggans veulent la voir. Le fait que Clive Owen incarne le personnage principal n’enlève rien à l’attrait initial de la série, écrite par Jack Amiel, Michael Begler et Steven Katz. Pour l’instant une saison de dix épisodes a été diffusée sur Cinemax, une chaine qui fait partie du groupe HBO. Cette série suit donc le quotidien de chirurgiens et d’infirmières d’un hôpital de Manhattan, à une époque où les traitements, les opérations et la gestion des malades sont encore à leurs balbutiements. Au début de XXe siècle, le patient est aussi un objet d’expérience et de ce bouillon d’expérimentations plus ou moins malheureuses ressortent quelques avancées prodigieuses, comme la classification des groupes sanguins ou les techniques de suture. Lire la suite