Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre

Situé pendant la période d’avril à juin 1940, période pendant laquelle la France va sortir de cette drôle de guerre pour affronter la défaite puis l’armistice, le roman suit la trajectoire d’une multitude de personnages. Commençons par Louise, déjà présente dans le premier roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut, puisqu’elle était cette jeune enfant qui accompagnait Edouard et Albert dans leurs combines financières. A présent, Louise est une jeune femme de trente ans qui partage son temps entre son métier d’institutrice et le restaurant de Jules où elle est serveuse occasionnelle pour le plus grand bonheur des clients. Parmi eux, le fidèle docteur Thirion qui mange quotidiennement à la même table et fait un jour une proposition indécente à Louise, proposition qu’elle accepte et qui va l’entrainer dans un micmac d’affaires familiales.

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Couleur de l’incendie de Pierre Lemaitre

Février 1927, Marcel Péricourt vient de décéder et ses obsèques font l’objet de nombreuses tractations entre la famille et le gouvernement, l’homme étant l’un des banquiers les plus en vus de Paris. Un incident va pourtant bouleverser l’agencement protocolaire de la cérémonie et détourner l’attention du public : Paul, le petit-fils de Marcel Péricourt, alors âgé de sept ans, se jette d’une fenêtre de l’immeuble Péricourt et retombe lourdement sur le cercueil de son grand-père. L’enfant est rapidement pris en charge, il survit à sa chute mais perdra l’usage de ses deux jambes. Dans les jours qui suivent, Madeleine Péricourt devient la seule légataire de son père, au détriment de Charles, l’autre fils de Marcel Péricourt, qui n’hérite que de quelques pacotilles. Elle tente de gérer au mieux ses affaires, aidée en cela par Gustave Joubert, ancien collaborateur de son père, qui souhaitait un temps épouser Madeleine (ce qu’elle refusa) et qui garde de cette mésaventure une envie féroce de se venger tout en récupérant le magot. Ce qu’il fera, précipitant la chute de la maison Péricourt. Mais Madeleine n’a pas dit son dernier mot… Lire la suite

Au Revoir là-haut de Pierre Lemaitre et Christian De Metter

Au moment de l’armistice du 11 novembre 1918, deux poilus, Albert Maillard et Edouard Péricourt, sont les témoins d’un événement tragique qui va lier pour toujours leurs destins. Le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, malgré l’ordre de faire cesser les combats, décide d’envoyer en reconnaissance des lignes ennemies deux soldats, au risque de réveiller le secteur.  Les deux soldats sont tués lors de cette mission, ce qui donne au lieutenant le prétexte pour lancer une dernière offensive. Pendant cette attaque, Albert Maillard et Edouard Péricourt retrouvent les corps de leur deux camarades et découvrent avec stupeur qu’ils ont été tués d’une balle dans le dos, tirée des lignes françaises, probablement par le lieutenant. Ce dernier comprenant qu’il va être démasqué tente de les tuer pendant l’offensive mais échoue, ce qui n’empêche pas Edouard de se faire gravement blessé par un tir de bombe et Albert de manquer de se faire ensevelir dans un trou d’obus. Ayant survécu ensemble, les deux hommes décident de rester compagnons après guerre mais se cachent, notamment Edouard qui ne supporte pas son visage de « gueule cassée » et refuse de retourner auprès de son père. Pour gagner de l’argent (et se moquer de l’élan patriotique qui secoue la France dans ces années d’après-guerre), ils décident de monter une escroquerie aux monuments aux morts pour se faire un maximum d’argent et mettre les voiles à l’étranger.  Lire la suite

Au revoir, là-haut de Pierre Lemaitre

Nous sommes au début du mois de novembre 1918. Dans sa tranchée, Albert Maillard attend la fin de la guerre. Les rumeurs concernant un prochain armistice vont bon train, se précisent et les soldats commencent à croire à la fin des combats. Certains, comme le lieutenant Pradelle, semblent redouter la fin de la guerre et avec elle la possibilité de briller, de se faire un nom ou dans son cas précis de retrouver le sien, perdu dans la débâcle financière d’une famille aristocratique. Ce dernier décide d’ailleurs d’envoyer deux gars pour vérifier si les lignes allemands attendent bien comme eux la fin de la guerre. Mal lui en prend puisque les deux envoyés sont tués par les balles allemandes, événement qui, par ricochet, va réveiller un secteur autrefois calme, précipitant toute la section à l’assaut des lignes adversaires.

C’est bien sa chance à Albert, que de devoir monter à l’assaut alors qu’il pensait déjà au retour, à Cécile et à sa vie après la guerre. Mais pour l’instant, il faut se préparer et monter l’échafaud (c’est ainsi que les soldats désignent les échelles), pour courir vers les tranchées adversaires. Un dernier regard vers les camarades, et notamment vers Edouard Péricourt, un fils d’aristo, au sourire toujours aux lèvres, puis le sifflet et la course vers l’avant.

Les obus, la mitraille et peut-être la peur font dévier Albert. Il se retrouve alors là où sont tomber les deux éclaireurs. Pas de chance pour Albert, qui comprend en les voyant, mais trop tard, que cette charge n’est qu’une farce…