The Big Short d’Adam McKay

Adaptation du best-seller de Michael Lewis, The Big Short: Inside the Doomsday Machine, publié en 2010, le film se propose de nous montrer la crise des subprimes et ses origines à travers les itinéraires de quatre acteurs du monde de la finance qui, ayant prévu la crise, avaient décidé de spéculer à la baisse.

Michael Burry (Christian Bale) est un gérant de fond spéculatif excentrique et socialement inepte. Son truc, ce sont les nombres. En 2005, sa curiosité est attirée par le marché de l’immobilier qui s’est comporté étrangement en 2001 au moment de l’éclatement de la bulle Internet. Il cherche à comprendre pourquoi, et du coup se met à compter et à étudier attentivement tous les prêts immobiliers contractés par les banques. Constatant que ces prêts sont accordés à des foyers aux revenus peu stables et donc potentiellement insolvables, inspirés des fameux prêts à taux variables mis en place pour la première fois dans les années 1980 (les fameuses subprimes), il en déduit qu’une bulle immobilière existe mais que personne ne l’a encore vue, car les avocats eux-mêmes responsables de ces prêts ne savent pas ce qu’ils font. Il décide alors d’acheter des CDS (Credit Default Swaps), des couvertures de défaillance, sur les titres  financiers titrisés adossés aux prêts immobiliers, les MBS (Mortgage Backed Securities). En d’autres termes, Burry prend des assurances en cas de défaut des subprimes auprès des principales banques qui en sont ravies puisqu’elles ont elles-même émis ces prêts pourris et que, selon leurs analystes, le marché immobilier américain est solide et ne n’est jamais écroulé dans l’histoire [récente, précisons-le d’emblée]. D’autres acteurs, mineurs, de la finance ont vent de l’affaire : Jared Vennett (Ryan Gosling), un trader de la Deustche Bank ; Mark Baum (Steve Carrell), gérant d’un fond spéculatif associé à la banque Morgan Stanley, est informé à son tour (par le biais d’un appel téléphonique égaré) de ce que mijote Vennett, et décide d’enquêter sur le marché de l’immobilier ; Charlie Geller (John Magaro) et Jamie Shipley (Finn Wittrock), les co-fondateurs d’un fond spéculatif, perçus comme des petits joueurs à Wall Street car ne représentant « que » 30 millions de dollars, sont à leur tour mis dans la confidence par leur mentor, un ancien trader Ben Rickert (Brad Pitt) qui avait « quitté les affaires par dégoût ». Tous comprennent que la bulle n’attend que d’éclater, et décident de miser à la baisse en achetant des swaps en masse. L’éclatement attendu n’arrive pas et leurs investisseurs respectifs les harassent pour récupérer leur argent.

Arrive alors l’année 2007… Lire la suite

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Lost River de Ryan Gosling

Lorsque la coqueluche du cinéma américain passe derrière la caméra, il propose un film très « indie », quelque part entre David Lynch et Jim Jarmush dans une ville aisément identifiable à Detroit où Billy (Christina Hendrick, vue dans Mad Men) tente désespérément de payer ses arriérés d’emprunt à la banque pour éviter la saisie et la démolition de sa maison comme tant d’autres dans le quartier qui sont déjà partis vers le « Sud », alors que son fils ainé, Bones (Ian De Caestecker, Agents of Shield) récupère de la ferraille dans les maisons abandonnées et se rapproche de la voisine d’en face, Rat (Saoirse Ronan en brune gothique qui ressemble à rien, avec son rat domestique). Mais tandis que Billy dégote un nouveau travail qui lui a été proposé par le banquier dans un club sordide et décadent, Bones et Rat se racontent des histoires à propos d’une ville-fantôme disparue sous la rivière perdue, lorsqu’un barrage a été construit autrefois… Lire la suite

Half Nelson de Ryan Fleck

https://i0.wp.com/faussesvaleurs.unblog.fr/files/2011/05/halfnelson.jpgDan Dunn (Ryan Gosling) est un prof d’histoire et entraîneur de l’équipe de filles de basket dans un lycée (junior high school) de Brooklyn qui porte son mal de vivre dans son regard endormi ou derrière ses lunettes noires style années 80. Ses élèves, comme il le dit lui-même, sont la seule chose qui lui permet de rester concentrer et de pas devenir fou. Pourtant, il n’y a rien qui ne va pas : il a un boulot qu’il aime, des élèves qu’il aime, des parents « libéraux » anciens protestataires contre la guerre au Vietnam. Mais Dan est seul et malheureux. Alors, il fume, du crack, notamment, dans son appart’ vieillot au milieu de ses bouquins… au lieu d’écrire le livre qu’il a commencé sur la dialectique pour apprendre l’histoire en classe. Il est incapable d’avoir une vraie relation : son ex a suivi, elle, une cure de désintox qui a marché (« it works for some people, but not for me ») et s’est fiancée. Dan, lui, s’applique méticuleusement, cruellement et même, un soir de cuite et de shoot, monstrueusement, à détruire toute ébauche de relation qu’il pourrait nouer.

Un soir d’après match de l’équipe de basket, une de ses élèves, Drey (Shareeka Epps), le trouve dans les toilettes, une pipe à crack encore en main, à moitié dans les vapes. Et au lieu de le dénoncer, elle va d’abord utiliser ce secret pour satisfaire sa curiosité et se rapprocher de lui. Alors qu’elle-même doit gérer une situation familiale complexe — avec une mère célibataire qui travaille trop, un père absent, un frère en prison, l’ancien boss de son frère, Frank, qui cherche à la recruter pour vendre de la drogue — Drey va être à même se saisir la réalité de la situation de son prof et une amitié totalement incongrue va se nouer entre eux.

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