Paul Nash à la Tate Britain

Parallèlement à la rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney, la Tate Britain consacrait une assez courte exposition au peintre Paul Nash né en 1889 et mort en 1946, figure emblématique du surréalisme anglais. De ses débuts d’illustrateurs, proche des préraphaélites et de William Blake, jusqu’à sa découverte du surréalisme, la présentation de cet artiste évoquait plus particulièrement son approche symbolique des paysages, sa passion pour le vol (née pendant la guerre) et sa croyance dans le genuis loci, l’esprit du lieu qu’il liait presque essentiellement aux arbres.  Lire la suite

David Hockney à la Tate Britain

L’autre exposition phare de ce début d’année 2017, autour d’un artiste chouchou du public anglais : David Hockney. L’exposition revient sur près de soixante ans de la carrière de cet artiste, depuis ses premières peintures jusqu’à ces travaux récents, en insistant sur la multiplicité des supports travaillés par ce dernier. Au vue de l’exposition, il semble que David Hockney ait toujours focalisé son travail sur la question de la représentation (de l’espace et du temps), et que se trouvant rapidement coincé dans l’univers en deux dimensions de la peinture, il ait cherché à en sortir en s’intéressant à la photographie ou à la vidéo dans le but de faire évoluer ces formes vers une plus large multiplicité des points de vue. Lire la suite

Frank Auerbach à la Tate Britain

Frank Auerbach est né le 29 avril (hé!) 1931 à Berlin. Il a perdu une grande partie de sa famille dans les camps nazis et ne doit sa survie qu’à la décision de ses parents de l’envoyer en Angleterre en 1939, alors qu’il n’a que huit ans. Il vit et travaille depuis à Londres, dans son studio à Mornington Crescent, lieu qui apparaît souvent dans ses peintures (portraits ou paysages). Cet artiste encore vivant est exposé à la Tate Britain. Son fils a réalisé un documentaire sur son travail dont on peut voir un extrait dans le hall d’entrée de l’exposition.  Lire la suite

Salt and Silver: Early Photography 1840-1860 à la Tate Britain

Petite exposition présentée à la Tate Britain, depuis le 27 février et jusqu’au 7 juin 2015. Le calotype est un procédé photographique inventé par William Henry Fox Talbot, invention qu’il breveta en 1841. Les premières photographies nées de ce procédé ont été présentées pour la première fois en Angleterre en 1839 et rapidement de nombreux photographes amateurs l’ont expérimenté à travers le monde comme Edouard Baldus, Maxime du Camp et Nadar. Concurrencé par le daguerréotype, le procédé disparut rapidement, à peine 20 ans après son invention.

L’exposition présentée ici expose donc des œuvres doublement originales : ce sont les premières photographies encore existantes et elles témoignent d’une technique éphémère.

La première salle de l’exposition se focalise sur le travail de Talbot, inventeur du calotype. Bien que née à peu près en même temps que le daguerréotype, la technique de Talbot retient l’intérêt de certains photographes amateurs qui la considérent comme plus artistique. Voici probablement l’exemple le plus probant de sa qualité artistique :

William Fox Talbot: ‘The Great Elm at Lacock’, 1843-45

Cette technique, d’abord présentée en Angleterre, fait rapidement des émules en Europe. Nombreux artistes amateurs l’utilisent pour capter des éléments de la vie moderne (les immeubles, les rues, les bâtiments architecturaux. Certains sont même commissionnés par les Etats pour enregistrer, saisir par l’image les bâtiments historiques. En 1851, Louis-Désiré Blanquart-Evrard, un Français, modifie la technique de Talbot et crée l’impression à l’albumine.

Le dix-neuvième siècle est connu pour sa passion pour les monuments anciens et les civilisations anciennes. La photographie va avoir toute sa place dans la saisie des sites archéologiques découverts par les occidentaux. Le procédé voyage donc de part le monde, comme en témoigne le travail de Gustave Le Gray ou de Maxime du Camp.

Maxime Du Camp, Le Sphinx, 1849/1850

La dernière salle de l’exposition (eh oui c’est un peu court) est consacré à l’Art du portrait avec un magnifique portrait de Victor Hugo et une, non moins magnifique, Mariette, photographiée par Nadar, dans une pose toute grecque.

Mariette, par Félix Nadar, 1855.

 

Petite exposition, donc, répartie sur quatre salles et qu’on visite (en prenant son temps) en moins d’une heure. Une exposition à voir cependant car elle nous rappelle l’histoire foisonnante des débuts de la photographie et nous permet de voir quelques rares témoignages de ces premiers temps de la photographie. Pour l’anecdote, la photographie qui sert d’affiche à l’exposition montre la famille de Célestin Freinet, qui était proche de plusieurs photographes et l’utilisait visiblement dans sa pédagogie. Les personnages et les lieux photographiés ont un aspect presque fantomatique émouvant (magnifique portrait d’un homme au visage creusé et au regard intense dans la dernière salle). Et à voir certains clichés, on ne peut que ressentir ce que le numérique nous a fait perdre par rapport à l’argentique (moins de détail et l’impression d’avoir des rendus plus lisses et plus « écrasés »).