Captain Fantastic de Matt Ross

Dans les montagnes couvertes de forêts du Nord-Ouest américain, le long de la côte du Pacifique, Ben (Vigo Mortensen) et son épouse, Leslie, ont élevé leurs enfants — Bodevan, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai — retirés de la société et en application de leur idéologie, mélange de socialisme, sous toutes ses formes, et de survivalisme. Ils voulaient en effet en faire des « philosophes-rois » tout droit sortis des pages de Platon, autant capables de chasser le daim et de le dépecer, de soigner une fracture ouverte que de débattre de physique quantique, de s’engueuler en esperanto, de jouer de la musique autour d’un feu de camp ou de mener des séances de yoga.

Mais le film commence alors que Leslie, internée en hôpital psychiatrique, est morte, ayant perdu son combat contre sa maladie mentale (il semblerait qu’elle ait été bipolaire) et s’étant donc suicidée.  Dès lors, Ben décide d’emmener ses enfants jusqu’au Nouveau Mexique où les parents de Leslie ont décidé qu’elle y serait enterrée (et ce contre sa volonté). Embarquant toute sa progéniture dans un vieux bus scolaire déglingué, il décide en même temps d’en faire une leçon de choses en confrontant ses enfants au « monde réel », ce qui va le forcer à lui-même reconsidérer sa vision des choses… Lire la suite

The Two Faces of January de Hossein Amini

Athènes dans les années soixante. Un couple d’américains visite le Parthénon, pendant qu’un jeune homme également américain le fait visiter à un groupe de touristes. Malgré l’échange de quelques regards suspicieux, les trois individus se séparent … pour mieux se retrouver à la terrasse d’un café. Sentant que le jeune homme les regarde, Chester MacFarland (Viggo Mortensen) le fait remarquer à sa femme, Colette (Kirsten Dunst), qui profite d’un moment opportun pour aborder Rydal (Oscar Isaac). Apprenant qu’il fait visiter la ville aux touristes, Colette lui donne rendez-vous le lendemain pour visiter un quartier marchand d’Athènes. La journée est agréable et ils décident de dîner ensemble pour prolonger ce moment. Une nouvelle fois la soirée est agréable, mais au moment de se quitter Chester informe Rydal que lui et sa femme partent le lendemain à Rome pour continuer leur tour d’Europe.

Dans le taxi qui le ramène à son logement, Rydal retrouve un bracelet acheté l’après-midi même par Chester à sa femme. Il décide de retourner à l’hôtel pour lui rendre. Ne parvenant pas à les contacter à la réception de l’hôtel, Rydal décide de monter directement à leur chambre. C’est à ce moment qu’il surprend Chester dans les couloirs de son étage avec un homme assommé. Chester explique alors que l’homme a voulu les braquer, qu’en se défendant il l’a assommé et qu’il envisage à présent de le remettre dans sa chambre et de quitter l’hôtel immédiatement.

Contre toute attente, Rydal décide de les aider à partir…

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The Road de Cormac McCarty et de John Hillcoat

Dans un article récent du Guardian, Cormac McCarthy explique comment l’idée d’écrire The Road lui est venue.

‘Four or five years ago, my son (John, then aged three or four) and I went to El Paso, (in Texas) and we checked into the old hotel there. And one night, John was asleep, it was probably about two in the morning, and I went over and just stood and looked out the window at this town. There was nothing moving but I could hear the trains going through, a very lonesome sound. I just had this image of what this town might look like in 50 or 100 years… fires up on the hill and everything being laid to waste, and I thought a lot about my little boy. So I wrote two pages. And then about four years later I realized that it wasn’t two pages of a book, it was a book, and it was about that man, and that boy.’

« Il y a quatre ou cinq ans, mon fils (John, alors âgé de trois ou quatre ans) et moi sommes allés à El Paso (au Texas), et nous avons loué une chambre dans le vieil hôtel là-bas. Et une nuit, John était endormi, il était probablement deux heures du matin environ, et je suis allé à la fenêtre où j’ai regardé la ville. Rien ne bougeait, mais je pouvais entendre les trains, un son très solitaire. J’ai eu alors cette image de la ville dans 50 ou 100 ans… des feux sur la colline et tout réduit à néant, et j’ai énormément pensé à mon petit garçon. Alors j’ai écrit deux pages. Et ensuite environ quatre ans plus tard je me suis rendu compte que ce n’était pas deux pages d’un livre, c’était un livre, et qu’il parlait de cet homme et de ce garçon. »

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