Amore de Luca Guadagnino

L’histoire prend place dans la propriété luxueuse des Recchi, riche famille d’industriel dans le textile de luxe. Ce jour, on fête l’anniversaire du grand-père qui va à cette occasion désigner ses successeurs à la tête de l’entreprise familiale. Plusieurs petits drames se jouent en coulisses: Edoardo le petit-fils vient de perdre une course sportive face à son ami Antonio, et il va profiter de ce repas pour présenter Eva, sa petite amie, à la famille. La mère d’Edoardo, Emma, veille sur le repas, car elle veut que tout soit parfait pour le grand-père. A la fin du déjeuner, à l’heure des cadeaux, le grand-père annonce qu’il se retire des affaires et qu’il laisse sa place à Tancredi, son fils (mari d’Emma) et à Edoardo son petit-fils. Peu de temps après cette annonce, Antonio se présente à la propriété.

Le film joue sur trois thèmes relativement classiques du cinéma: l’amour sensuel, la nature et la gastronomie en mêlant ces trois thèmes là où généralement ils vont par deux. Pour la relation entre amour et nature, on pense au Lady Chatterley de Pascale Ferran, pour la sensualité, on pense au film de Ken Loach (eh oui!) Just a Kiss, et pour la relation entre sensualité et cuisine, on pense au film Salé sucré d’Ang Lee. Et il doit en avoir d’autres. Car là est bien le problème, le sujet n’est pas nouveau (ce qui n’est pas un problème en soi) mais il est mal traité (ce qui pose un problème quand on le compare à d’autres films).

Question sensualité, il faut revoir le Ken Loach qui nous fait vivre avec beaucoup plus de vivacité et de plaisir visuel la sensualité des corps. Sur ce terrain, le film de Luca Guadagnino n’est pas sensuel (la vue en plongée sur les couilles d’Antonio est un affront à la grâce et à la sensualité), là où le film de Ken Loach nous donnait l’envie de toucher et de caresser les acteurs. Et même F., un ami, qui n’est pas sensible à ce genre de film, a été touché par la sensualité des acteurs, c’est dire. Pour ce qui est de la relation entre nature et amour, la scène dans le jardin entre Emma et Antonio est tellement lourde dans la réalisation qu’elle frôle le ridicule (on attendait l’éclatement du pistil) et je n’avais qu’une envie: revoir la scène dans Lady Chatterley où les deux amants se courent après, nus sous la pluie. Quant à la sensualité des plats, je n’ai pas trouvé que l’exercice de préparation des plats était réussi. Il est finalement évoqué rapidement en quelques plans et puis c’est tout. La scène dans le restaurant est intéressante et bien montée mais c’est la seule.Quant aux thématiques secondaires du film: le devenir de l’entreprise familiale, les origines russes d’Emma, les choix d’Elisabetha, le réalisateur n’en fait finalement rien, ce qui est bien dommage.

En conséquence, je trouve que le réalisateur filme mal un sujet déjà connu (et mieux traité par d’autres) et qu’il ne prend même pas la peine d’aller au bout de son histoire (ou de ses histoires), ce qui est un peu simple. Une déception.

 

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