L’Ordre du jour d’Eric Vuillard

20 février 1933, les vingt-quatre plus grands industriels allemands sont reçus par le parti nazi, Goering et Hitler en tête, afin de solliciter leur aide financière en vue des élections du 5 mars, ce qu’ils acceptent bien volontiers de faire. Quelques années plus tard, c’est au tour des diplomaties française et anglaise d’observer avec négligence et désinvolture l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, après avoir laissé cette dernière se remilitariser tranquillement. Lire la suite

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14 Juillet d’Eric Vuillard

Que savons-nous de la journée du 14 juillet ? Quelques noms dans l’inventaire des Vainqueurs de la Bastille. Un nom, un prénom, une date et un lieu de naissance, quelque fois un métier et un domicile. Et la preuve qu’ils étaient là, qu’ils ont participé à l’acte fondateur de la Révolution française. Pour le romancier c’est à la fois peu et c’est suffisant pour « franchir le guet », celui face auquel Patrick Boucheron s’arrêtait, et proposer par la fiction ce qu’a pu être la journée du 14 juillet pour ces individus tombés depuis dans l’oubli des archives. Le romancier Eric Vuillard propose donc un récit de cette journée, sous la forme d’une litanie de noms, avec le regard de l’époque actuelle qui, de son point du vue, partage avec la période révolutionnaire de nombreuses similitudes. Lire la suite

Congo et La Bataille d’Occident d’Eric Vuillard

Les deux courts récits ont été publiés en parallèle en 2012, ils ont en commun d’être tous les deux des récits historiques (on peut difficilement parler de roman), d’émaner d’un narrateur surplombant et de décrire une civilisation occidentale absurde, arrogante et insignifiante. Dans Congo, Eric Vuillard disserte sur l’ennui des puissants lors de la conférence sur l’avenir de l’Afrique, organisée à Berlin en 1884. Un ennui tel qu’il aurait poussé le roi des Belges, Léopold II, a acquérir un territoire en Afrique pour y construire un royaume à sa démesure. Dans La Bataille d’Occident, le même auteur décrit l’entrée en guerre des puissances occidentales en 1914. A grand renfort de chiffres et de références historiques, il décrit l’absurdité et la violence de la guerre, l’arrogance des décideurs et la vacuité des existences, jetées en pâture dans les tranchées. Lire la suite