In Time d’Andrew Niccol

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Dans le futur, le temps deviendra une monnaie. Les hommes arrêteront de vieillir à partir de 25 ans, mais un compteur sur le bras leur indiquera le temps qu’il leur reste à vivre. Peu pour les pauvres qui n’ont pas de quoi acheter du temps (juste de quoi vivre une journée de plus en échange d’un travail en usine), beaucoup pour ceux qui sont riches (et surtout ceux qui administrent le temps tels des banquiers). Pour manger, pour payer son café ou son ticket de bus, l’homme doit payer en temps et une fois son compteur arrivé à zéro, il est foudroyé dans l’instant. La société civile se compose donc d’hommes et de femmes entre 0 et 25 ans, sachant que certains en sont à leur deuxième 25ème anniversaire, là où d’autres le fêtent pour la centième fois. Des zones de temps ont été créées dans les villes pour séparer ceux qui ont du temps de ceux qui en cherchent afin d’éviter les vols. Le passage d’une zone à une autre est payable en temps, et le prix est tellement exorbitant que nul dans les zones pauvres ne peut se permettre d’en sortir pour entrer dans une autre zone.

Will Salas (Justin Timberlake) vit avec sa mère (Olivia Wilde), il vient de fêter son troisième 25ème anniversaire, là où sa mère a fêté son 25ème anniversaire au moins une vingtaine de fois. En traînant dans un bar avec son ami, Will est attiré par un homme riche, Henry Hamilton, qui pavane dans le même bar avec un compteur affichant un siècle de temps. Alors que Will tente de le prévenir de la dangerosité de son acte, des voleurs entrent dans le bar pour s’en prendre à Henry. Will parvient à s’échapper avec lui et à se cacher. Pendant la nuit, alors qu’ils restent cachés, Henry explique à Will qu’il veut mourir. A son réveil le lendemain, Will constate que Henry lui a donné tout son temps et qu’il est allé ensuite se suicider (time out comme ils disent dans le film). Will devient alors un suspect, un homme pauvre affichant suffisamment de temps sur son bras, pour quitter sa zone…

L’idée de départ est excellente, et les implications d’une telle idée dans la vie civile sont attrayantes. D’où l’envie de voir ce film. Problème, la description minutieuse de cette société gouvernée par le temps est vite évacuée au profit d’une histoire plus banale d’un couple de Robin de bois prêts à défier les nantis pour partager équitablement le temps. Dommage car les quelques scènes qui installent le décor du film, notamment dans la description de cette société au quotidien, fonctionnent très bien. La scène entre Will et sa mère courant l’un vers l’autre est magnifique, mais elle arrive tellement tôt dans le film qu’on n’a pas encore éprouvé de sympathie ni pour lui ni pour sa mère. Dommage. Le côté bricolage du film ne m’a absolument pas dérangée, au contraire. L’esthétique est simple mais fonctionne parfaitement. Non, ce qui manque c’est le quotidien de cette société nouvelle gouvernée par le temps. Un beau ratage comme on dit parfois.

— LN

Même constat que H. : le film est passionnant sur son argument de départ mais pêche par manque d’exploration de cette société qui a maîtrisé le temps au point de le transformer en monnaie. J’aurais vraiment aimé que le film s’attarde plus longtemps dans les quartiers riches où les hommes et les femmes sont devenus, en pratique, immortels, et donc probablement totalement psychopathes. J’imaginais, par exemple, comment Philippe Reiss, le père de la ravissante Sylvia, pouvait chercher à contrôler sa fille en lui donnant que quelques heures d’autonomie, ce qui la forcerait à toujours revenir au bercail… J’aurais également aimé que le film explore davantage le personnage du timekeeper, c’est-à-dire de ce policier du temps incarné par Cillian Murphy (toujours aussi habité). Il y avait là matière à faire un personnage vraiment torturé et noir, au passé trouble. Enfin, si la figure du père de Will est évoqué, elle ne sert pas à grand chose en fin de compte, alors que le timekeeper semble être lié à sa disparition… En d’autres termes, il y avait tous les ingrédients pour faire un film noir, très noir, dans une société dystopique et Niccol ne semble pas avoir été au bout. Manque de travail sur le scénario? Frilosité des producteurs? Problèmes de montage? Pour ce film, une fois n’est pas coutume, j’aimerais avoir un DVD « director’s cut ».

Autre attrait du film : son casting. Même si Timberlake n’est pas excellent, il fait un boulot honnête, Cillian Murphy, comme d’habitude, est impeccable, mais sous-exploité, de même que Vincent Kartheiser (Mad Men). Quant à Amanda Seyfried, elle est bien plus craquante que lorsqu’elle était en petit chaperon rouge à la bouche mi-ouverte en permanence.

— Mathieu

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