« Lumière ! Le cinéma s’invente » au Grand Palais

L’exposition Lumière présentée au Grand Palais nous fait découvrir la vie et les œuvres des frères Lumière, célèbres inventeurs du cinématographe. Elle s’organise autour de quatre salles, dont une monumentale qui recèle en son centre une reconstitution du Salon indien, dans lequel a eu lieu la première projection officielle (et payante) des courts-métrages des frères Lumière le 28 décembre 1895.

Le visiteur entre par une première salle, dans laquelle il peut voir la projection du premier film des Lumières, La sortie d’usine, projection altérée puisqu’elle brise la magie du cinéma en réintroduisant le mécanisme du passage des images : d’abord les images se succèdent lentement, comme dans un diaporama d’images ; puis le rythme s’accélère, les images s’enchaînent rapidement et la photographie devient image animée. Dans une deuxième salle est présentée la famille Lumière, et les premières grandes inventions, notamment, le papier photo, qui permettent de comprendre à quel point le cinéma est d’abord issu de la chimie et des procédés de développement et des pellicules. Des maquettes et des croquis permettent de se rendre compte de la taille de l’entreprise familiale et de voir où a été filmé la sortie d’usine.

Le visiteur entre ensuite dans la grande salle de l’exposition, dans laquelle sont retracées les étapes menant à l’invention du cinéma (et de la photographie, les deux étant intimement liés), l’apport des frères Lumières, leurs pistes de recherche (la couleur, l’effet panoramique, la 3D ce qui nous permet de se rendre compte de leur inventivité), leurs influences dans le monde via leurs opérateurs, puis leur postérité. Au centre de cette salle, la reconstitution du Salon indien, avec la projection du Cinématographe dans les conditions de l’époque des premiers courts-métrages Lumière, ce qui permet au visiteur de croire, un instant — et là la magie du cinéma est recréée — qu’il était assis, en ce 28 décembre de la Belle-Epoque, dans ce salon, l’un des 33 premiers spectateurs de ce moment magique, et qu’il assistait au dévoilement de cette invention qui allait bouleverser le monde, s’en rendant compte en même temps que l’un de ses voisins, parmi lesquels Georges Méliès, Gaumont et Pathé.

Deux dernières salles viennent clore l’exposition, l’une dans laquelle est diffusé un entretien avec l’un des frères Lumières. Dans l’autre est présentée l’invention de la caméra numérique avec des interview assez pathétique de Soderbergh, Fincher et Danny Boyle (où on se dit qu’une caméra numérique ne fait pas un bon film).

Avant de quitter l’exposition, le visiteur peut admirer six remakes de la Sortie d’usine, fait entre autres par Xavier Dolan (mon préféré), Tarantino, Almadovar ou Cimino.

L’exposition en elle-même n’est pas toujours intéressante, la partie sur les inventions ou de l’effet panoramique étant les plus réussies. Elle vaut le détour cependant pour la projection des films Lumières dans le Salon Indien et pour se rappeler aussi, car l’idée traverse toute l’exposition, que toute prise d’images, même la plus réaliste, suppose un effet de mise en scène.

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s