Proxima d’Alice Winocour

Sarah Loireau (Eva Green) est astronaute. Elle s’entraîne depuis de nombreuses années au sein de l’Agence spatiale européenne pour faire partie des happy few envoyés en mission à bord de la station spatiale internationale. Elle est finalement choisie pour une mission d’un an sur la station, en remplacement de dernière minute. Précipitamment, elle doit confier sa fille Stella (Zélie Boulant-Lemesle) à Thomas, son ex-mari astrophysicien (Lars Eidinger), pour rejoindre les autres membres de l’équipe, Mike Shanon (Matt Dillon) et Anton Ochievski (Alexei Fateev). Avant de partir, elle explique à sa fille ce qui va advenir dans les prochaines semaines. Dans un premier temps, elle va parachever son entrainement pendant trois semaines en Russie. Puis sa fille pourra la rejoindre à Baïkonour pour un dernier contact avant l’entrée en quarantaine. Elles se retrouveront une dernière fois derrière une vitre la veille du décollage. Pour Stella s’ouvre une phase complexe de son existence. Alors qu’elle n’a que huit ans, elle va devoir quitter sa mère pendant plusieurs mois, aller vivre avec son père ce qui  implique qu’elle va devoir changer d’école. Autant de bouleversements qui complique sa relation avec sa mère, malgré tous les efforts de cette dernière pour expliquer ses choix, les événements à venir et maintenir le lien avec sa fille.

Le titre du film fait directement référence à la mission Proxima à laquelle a participé Thomas Pesquet avec deux autres astronautes. Dans cette mise en fiction de la mission Pesquet, Thomas est devenu Sarah Loireau, Peggy Whitson qui commandait la mission est devenu Mike Shanon (interprété par Matt Dillon) et Oleg Novitski est devenu Anton. La proximité du film avec la mission Poxima est telle que Thomas Pesquet fait une courte mais remarquée apparition dans le film.

Ce magnifique film, inspiré par les témoignages de femmes astronautes, conjugue une approche très réaliste (en tout très plausible) des semaines qui précédent le décollage d’une équipe d’astronautes envoyée sur la station spatial internationale avec un questionnement plus intime sur les conséquences de ces missions sur la vie familiale, notamment vis-à-vis des enfants.

Les semaines précédant le décollage sont intégralement consacrées à l’entrainement, à la répétition des procédures d’urgence et à la socialisation entre les membres de l’équipage.  Cet aspect du film est très bien traité puisqu’il permet à la fois de se rendre compte des efforts fournis par les astronautes pour se préparer mais aussi de raconter également de manière fictionnelle les doutes, les conflits et les difficultés que peuvent vivre ces hommes et ces femmes. Matt Dillon est parfait dans le rôle du commandant, ayant de sérieux doutes sur les capacités de Sarah à relever ce défi. Il joue à la perfection son rôle de leader en la poussant dans ses retranchements. Un subtil mélange de bienveillance et d’autoritarisme qui sied bien au rôle qu’il doit jouer dans cette mission.

Mais toute la beauté du film tient à la relation entre Sarah et sa fille Stella. Contrairement à ses  coéquipiers homme, Sarah veut inclure sa fille dans cette mission pour lui faire comprendre pourquoi elle part, comment va se passer cette mission et dans quelques conditions elle doit se préparer et envisager l’avenir. Le personnage de Sarah joue très peu sur la pathos, elle chercher surtout à faire comprendre à sa fille ce qui va advenir, espérant que cette dernière en comprenant l’événement va mieux l’appréhender et l’accepter. Pas facile pour une enfant de huit ans, joué magnifiquement par Zélie Boulant-Lemesle, de comprendre le choix de sa mère, d’autant qu’il bouleverse son propre quotidien (le changement d’école est un bouleversement insurmontable pour elle au début puisqu’elle est dyslexique). Le cheminement vers l’acceptation est long, fait d’anicroches, mais la magnifique scène finale entre la fille et la mère (scène purement fictive et la moins plausible du film mais qu’importe) montre que ce chemin est possible.

Le film se clôt sur le décollage de la mission, avec le visage de Stella qui suit les procédures de décollage, et montre alors qu’elle est enfin pleinement avec sa mère qui pourtant à cet instant s’éloigne pour un temps d’elle. Cette mission Proxima est donc doublement réussie pour Sarah, elle a réussi sa préparation et a maintenu le lien avec sa fille. Mission également réussie pour Eva Green qui interprété avec sincérité et détermination cette astronaute qui ne rêvait que de l’espace, tout en restant bien les pieds sur terre, non loin de sa fille.

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