Les Vieux fourneaux (tome 1 : Ceux qui restent) de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Enterrement de Lucette. L’occasion pour Emile, Antoine et Pierre de se retrouver pour évoquer leurs souvenirs de syndicalistes et la mémoire de la belle Lucette. Mariée à Antoine, Lucette avait quitté du jour au lendemain son travail dans l’usine Servan-Mercier…pardon ! Garan-Servier, pour se lancer dans le théâtre de marionnette, le théâtre du Loup en Slip, avec son beau camion rouge.

Le lendemain de l’enterrement, Antoine se rend seul chez le notaire, M. Brousse, pour y lire une lettre que Lucette lui avait laissée et qui ne devait être lue qu’après sa mort. Quelques heures après être allé chez le notaire, Antoine rentre furieux chez lui, prend une arme et part sans parler à ses deux acolytes qui le regardent s’enfuir complètement médusés.

Accompagnés de Sophie, la petite-fille de Lucette, enceinte jusqu’au cou, ils partent à sa poursuite, craignant le pire…

Très belle histoire que ces retrouvailles entre trois copains syndicalistes qui ne peuvent que constater l’état désastreux du monde actuel sans pour autant renoncer à la lutte et à la défense des droits.

Ce premier tome me fait beaucoup penser à un album de Rabaté « Les petits ruisseaux« , le syndicalisme en plus. Je trouve toujours aussi intéressante cette démarche de suivre ceux qui n’ont pas réussi ce qu’ils entreprenaient mais qui y croient toujours et qui surtout sont quand même un peu fier d’avoir à un moment, même de façon vaine, lutté.

Je trouve aussi symboliquement bien vu de confronter ces vieillards à leur ennemi de toujours, vieillissant lui aussi et qu’ils se rendent compte à cet instant que sa personne ne leur importe plus, qu’il n’y a plus aucun moyen de se faire justice. Quoique… On attend la suite!

— LN

L’univers de Lupano m’apparaît comme étant de plus en plus sympathique. Dans cette histoire de p’tits vieux, typiques ex-soixante-huitards (mais en fait qui seraient davantage quarante-huitards d’ailleurs), il déploie à nouveau une empathie pour des types qui veulent changer le monde, pour les doux rêveurs et également pour les drames insurmontables qui sont ceux de tout un chacun. Et puis il a cet humour qui se moque du dérisoire et des gens trop sérieux. Très émouvant, et très séduisant.

Et mention spéciale aux non-voyants anarchistes situationnistes !

— Mathieu

Le terrorisme situationnel, « Ni Yeux, ni Maître », sans contestation, ma scène préférée.

 

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