Les spectaculaires (tome 1 : Le Cabaret des ombres & tome 2 : La Divine amante) de Régis Hautière, Arnaud Poitevin et Christophe Bouchard

En ce début de XXe siècle, par une nuit de pleine lune, le professeur Victor Pipolet, inventeur de formation, présente sa dernière trouvaille à un étrange visiteur, Victor Stingler. Quelques mois plus tard, le même Pipolet assiste à la représentation théâtrale d’une troupe pour le moins originale, les Spectaculaires, des artistes acrobates qui peinent à vivre de leur art. Émerveillé par les talents de cette jeune troupe, Victor Pipolet décide de leur demander de l’aide pour une affaire des plus dangereuses. En effet, depuis son entrevue avec M. Stingler son esprit déraille (peut-être une conséquence de la balle que M. Stingler a essayé de lui loger en pleine tête) et sa machine lui a été volé. Or cette machine — l’arme absolue — est dangereuse, surtout entre les mains de personnes malintentionnées. D’abord réticente, la troupe accepte l’offre. Il faut dire que de leur côté leurs options sont limitées, la banque leur réclamant des arriérés de paiement et menaçant de saisir leur théâtre.

Hé bien, ma foi, une bande dessinée bien sympathique que je verrais bien dans les rayons de mon CDI. Ce tome se présente comme une histoire complète, ce qu’il est assurément, mais on comprend que des épisodes eux-aussi développés sur un tome unique pourraient voir le jour prochainement. Et on l’espère vraiment.

L’équipe des Spectaculaires est composée d’artistes spécialisés dans le trucage en tout genre (et surtout dans celui qui rate à tous les coups). Leur association avec un inventeur qui, pour cause de petits problèmes de réglage de dernière minute, ne maîtrise aucunement ce qu’il crée, donne des scènes plutôt drôles car cette joyeuse équipe de bras cassés décide de sauver l’humanité d’une invention de Pipolet (qui elle-même ne manquera pas de nous réserver quelques surprises).

Le ton de la bande dessinée est forcément grandiloquent, avec des personnages clownesques et des situations oscillant entre le tragique et le comique, le tout dans un univers d’inventions lorgnant presque sur le steampunk début-du-siècle. Car au-delà du ton comique de l’ensemble, il y a un réel soin dans le dessin notamment pour s’approcher du Paris de l’époque et de son ambiance.


Lors de sa dernière apparition sur la scène d’un célèbre théâtre parisien, la sublime Sarah Bernhardt échappe de peu à une tentative d’assassinat. Ne voulant pour rien au monde décevoir son public, elle accepte l’aide des Spectaculaires pour trouver celui (ou celle) qui l’a menacée de mort depuis longtemps et qui semble avoir décidé de passer à l’acte depuis peu. La bande des spectaculaires doit donc mener leur enquête tout en se glissant dans les coulisses du monde du théâtre. Ils deviennent donc accessoiristes, décorateurs et même comédiens pour entourer Sarah Bernhardt afin de la protéger et découvrir l’assassin. Malheureusement, lors de leur première représentation commune, l’association entre les Spectaculaires et l’actrice tourne au capharnaüm : le criminel n’est pas capturé et le théâtre finit sens dessus dessous, pour le plus grand plaisir du public venu assister à la représentation. La petite bande décide donc de quitter Paris pour Belle-Ile-en-Mer où Sarah Bernhardt a une résidence secondaire. Mais ils doivent rapidement se rendre à l’évidence : malgré le secret entourant leur lieu de villégiature, l’assassin les suit.

L’idée d’approcher deux mondes que tout oppose, celui du théâtre et celui du cabaret, est une excellente idée, cependant elle est vite évacuée du récit qui va dès lors se focaliser sur la résolution de l’enquête. Ce qui faisait le charme du premier tome, à savoir les inventions loufoques de Pipolet et l’incongruité de cette équipe de détectives plus maladroits les uns que les autres, n’est plus guère perceptible dans ce second tome. Il y a moins de folie, moins d’absurde dans cette histoire autour de tentatives d’assassinat contre Sarah Bernhardt.

Dans le précédent tome, l’enquête n’était qu’un prétexte à suivre cette bande de bras cassés, se présentant comme des artistes et refusant l’étiquette de détective. Les choses ont évoluées depuis, les Spectaculaires embrasent plus franchement la carrière de détectives et oublient peut-être au passage leur premier métier, celui d’illusionnistes. Au final, ce deuxième tome ressemble beaucoup plus à l’image qu’on se fait d’une résolution d’enquête type Sherlock Holmes, à l’inverse du premier tome qui associait mieux performances artistiques et investigation. Cela dit, l’enquête en elle-même est assez intéressante à suivre, on y retrouve certains éléments qui ont fait la qualité des nouvelles de Conan Doyle. Dommage qu’on ait perdu un peu de folie au passage.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s