The Old Guard de Gina Prince-Bythewood

Nile (Kiki Layne), US marine déployée avec son unité en Afghanistan, est blessée mortellement par un homme recherché pour avoir commis des actes terroristes contre l’armée américaine et contre des civils. Alors qu’elle meurt sous les yeux de sa co-équipière, elle semble ensuite reprendre vie et ne garde dans les jours qui suivent aucune cicatrice de sa blessure. Pendant ce temps, une unité de quatre mercenaires dirigé par Andy (Charlize Theron) est envoyée dans le sud du Soudan pour libérer un groupe d’enfants aux mains de terroristes. Arrivés sur place, les mercenaires tombent dans un piège et sont abattus sans sommation par un groupe armé. Mais quelques secondes après avoir été tués, les quatre mercenaires reprennent vie et massacrent ceux qui les avaient piégés. Ils découvrent alors qu’ils ont été filmés par celui-là même qui les avaient envoyés en mission, l’agent Copley (Chiwetel Ejiofor). Ce dernier, ayant eu connaissance de leur existence et de leur capacité surnaturelle, a ainsi la preuve irréfutable qui lui manquait et peut ainsi faire alliance avec Merrick (Harry Melling) pour les capturer et les étudier afin de trouver un remède à la mortalité. Andy envoie Booker, Joe et Nicky à la recherche de Copley, pendant qu’elle se charge de récupérer Nile (tous les quatre ont eu des visions de sa régénération), afin de lui expliquer qu’elle est une Immortelle.

Adapté d’un comics à succès de Greg Rucka et produit par Netflix, le film a bénéficié de conditions exceptionnelles lors de sa sortie sur la plateforme, le confinement ayant repoussé de nombreux films prévus en salle et laissé un nombre non négligeable de spectateurs dans l’attente d’à peu près n’importe quoi de nouveau. N’ayant pas lu le comics, je ne peux pas commenter son adaptation, même si au vu des critiques du premier tome sur le net, il semble que le film respecte l’intrigue principale et sa thématique (l’immortalité c’est pas si bien que ça en fait) d’autant que l’auteur du comics a participé à la rédaction du scénario du film.

Le combat de femmes, bis repetita mais sans la boue. Dommage.

Greg Rucka passe pour un auteur progressiste dans l’univers du comics, n’hésitant pas à écorner les archétypes virilistes et à instiller dans son travail des revendications féministes ou LGBT. De fait, Andy a été longtemps la compagne d’une autre immortelle (avant que cette dernière tombe dans un piège éternel), quant à Joe et Nicky ils filent le parfait amour depuis leur rencontre lors des Croisades. Andy est la cheffe du groupe, elle donne des ordres, combat comme un homme et n’a pas besoin d’un homme pour se protéger. Nile lui ressemble en tous points et elle apparaît comme sa parfaite remplaçante. Puisque dans l’univers imaginé par Greg Rucka, les Immortels ne le sont pas complètement et à un moment donné, quand le temps est venu ils cessent de régénérer et meurent normalement. Le film est à l’image du comics sur ces points mais autant le traitement de l’homosexualité est bien amené (la scène de déclaration de Joe à Nicky est ridicule mais assez touchante), par contre je n’adhère pas au propos soi-disant féministe représenté par ces femmes ultra-masculines, qui font les badass et du coup sont aussi bourrines que leur homologues masculins. L’univers du comics et plus généralement celui de la geek culture poussent effectivement à ce genre de paresse intellectuelle, ce qui pose le problème de l’utilité de ce média dans « l’éveil » des consciences. Le progressisme dans l’univers des comics, ça se pose là.

Tremblez, ils se sont embrassés…

Si on écarte à présent l’originalité supposé du comics et de son adaptation quant aux questions d’actualité (#MeToo), on se retrouve avec un scénario médiocre, qui ne se départit pas des clichés ordinaires sur les mondes arabes (cette couleur ocre sur tous les plans situés dans les pays du Moyen-Orient est tout à fait ridicule) et qui délaisse son sujet principal (utiliser ces Immortels pour trouver un remède à la mortalité), pour se complaire dans des scènes à répétitions de bagarres, scènes souvent mal filmées au demeurant. Quant à la scène où les Immortels apprennent qu’ils ont agi pour le bien de l’humanité en sauvant des personnes qui par la suite dans leur existence sont à l’origine de découvertes majeures, outre le fait que ces découvertes sont souvent médicales ou technologiques (ce qui montre un autre biais important voire un niveau assez affligeant de la pensée de Greg Rucka), cette vision est très individualiste (le progrès dépend d’un individu, forcément génial, et non d’un groupe).

Bref une pensée simpliste dans un scénario médiocre mais qui passe pour progressiste parce qu’elle s’exprime dans un média saturé d’une culture réactionnaire et utilise avec opportunisme des questions actuelles, le tout mis en scène de manière insipide mais comme la réalisatrice est une femme et qu’elle s’est attaquée à un genre jusque là masculin, on doit applaudir des deux mains. Soupir.

MeToo, euh, sans façon pour moi.

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