Le Bureau des légendes (saison 5) d’Eric Rochant

Un article du Figaro vient jeter le trouble dans les affaires du bureau des légendes. Cet article révèle que la DGSE a laissé l’un de ses agents être tué par une agence étrangère, bien contente de se débarrasser ainsi de cet individu devenu impossible à gérer au fil des ans.  Ce que le presse ignore, et que peu de gens savent au bureau, c’est que l’agent en question, qui n’est autre que Malotru (Mathieu Kassovitz), n’est pas mort. La DGSE a laissé fuité au FSB l’action qu’allait mener la CIA contre Malotru, lui donnant ainsi l’opportunité de le sauver pour en faire un agent à sa solde.  JJA (Mathieu Amalric) a imaginé ce subterfuge à multiples rebonds afin de couronner sa carrière au sein de l’agence. Il pense en effet pouvoir retourner Malotru et lui faire recruter Karlov (Aleksey Gorbunov), un des pontes FSB (celui-là même qui aura amener au sein de l’agence russe Malotru et Pacemaker, deux taupes de la DGSE). Une fois le recrutement achevé, Malotru pourra rentrer à la maison (dans tous les sens du terme). Le piège est donc en place, il ne reste plus qu’à convaincre Malotru d’y participer et gérer également l’inquiétude des autres agents qui ont découvert comme le commun qu’un des leurs avait été tué.

Décevante cinquième saison. Autant le dire d’emblée, le pseudo suspens autour de l’éventuelle mort de Malotru ne tient pas la route, heureusement les scénaristes l’évacuent au bout d’un épisode mais déjà un épisode c’était long pour une grosse ficelle qu’on voyait venir depuis longtemps. Je ne crois que pas un spectateur n’a cru à la mort véritable de Malotru, ce qui est dommage parce que cela montre que la narration autour de sa possible mort était faible et que les scénaristes n’ont pas eu la présence d’esprit de se débarrasser, comme l’agence, d’un personnage qui devenait trop présent. Il devient peu crédible ce personnage qui se joue de tout, qui survit à tout, dont tout le monde veut la peau mais que personne n’obtient. Malotru aurait dû disparaître au moins à la fin de la saison 4. Mieux : il aurait du s’éclipser de la série à l’occasion de cette magnifique scène dans laquelle on le voit seul avec le fantôme du chien qui l’accompagnait lors de sa capture. Mais il est toujours là et il devient de moins en moins intéressant.

Ceci dit comme le reste des intrigues de cette cinquième saison ne le sont guère plus, on s’accroche à lui pour suivre les péripéties de ce bureau des légendes de moins en moins réaliste, de plus en plus dans le fantasme. Et question fantasmes, les scénaristes de la cinquième saison ont eu la main lourde. Pas un seul épisode sans scène de sexe, des scènes complètement gratuites, hors de propos et qui donnaient parfois des lignes de dialogues absolument hallucinants de connerie. Le spectateur découvre donc (et doit probablement compatir) que Pacemaker a des problèmes de sexe avec sa copine russe. Ben, on est désolé pour lui mais on s’en fout un peu. Que Raymond aime les jeunettes compétente en 69, mais qu’en même temps pour une relation plus durable, il faut mieux taper dans le personnel féminin de la boite. Un personnel féminin qui visiblement à ses chaleurs, s’il ont en cru la multitude de scènes où elles demandent à ce qu’on les b…. A force, cela devient navrant de bêtise.

Et que reste-il de l’agence. Et bien pas grand chose. Des simagrées, des vengeances personnelles et quelques scènes en Arabie Saoudite pendant lesquelles il est sensé se passer quelque chose mais on ne sait pas bien quoi. Quelques bonnes nouvelles cependant. Marina Loiseau n’est plus sur le terrain (logique), mais elle va former ceux qui s’y rendrons (les pauvres). Marie-Jeanne, après un séjour en Egypte dont on ne comprend pas tous les enjeux, revient à la maison pour en prendre la direction et fermer le bureau des légendes. Que c’est triste. Mais si on veut éviter une saison 6 sur les déboires sexuels de Jonas, Raymond, Malotru et Pacemaker, je crois qu’il est effectivement plus sage de fermer la boutique.

Quant aux deux derniers épisodes signés par Jacques Audiard. Que dire ? Du n’importe quoi, suranné, genre je pose ma caméra pour prendre du recul sur du rien, mais comme je le fais au ralenti ou avec des voix off, ça fait classe. L’écriture franchit alors franchement le palier de l’absurde : les personnages agissent de manière complètement irrationnelle, devant des sortes de cyclothymiques lunatiques. Bon. Ceci dit comme toute la série est dans la posture depuis le début, il ne fait pas si décalé que ça.

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