Paris police 1900 de Fabien Nury

Antoine Jouin (Jérémie Laheurte) est un jeune inspecteur au sein de la brigade criminelle de Paris. Il enquête sur le meurtre d’une jeune femme dont le corps découpé a été retrouvé dans les canaux de la Seine. Au total ce sont trois corps de femmes qui sont ainsi découvert dans la capitale. A chaque fois, la découpe du corps a été faite avec minutie, ce qui pousse les enquêteurs, dont Jouin, à penser que le tueur est soit un médecin soit un boucher.

Louis Lépine (Marc Barbé) vient d’être nommé préfet de Paris. Il déménage donc dans la capitale avec sa femme et occupe ses journées à suivre les agissements des anti-dreyfusards. En effet le procès de Dreyfus approchant, la capitale est secouée par les manifestations des pro et des anti-Dreyfus, au point que le préfet s’inquiète de possibles émeutes. Il fait surveiller la famille Guérin qui mène un combat acharné contre Dreyfus, avec le soutien de certains membres de l’armée.

Les deux hommes ne le savent pas mais bientôt ils vont devoir travailler main dans la main pour dénouer les fils d’un complot qui implique l’armée et la « corporation » des bouchers.

On connaissait Fabien Nury en tant qu’auteur de bande dessinée et notamment l’excellent série Il était une fois en France. Il se lance ici dans la réalisation d’une série historique policière, produite par Canal +. Si le nom de Nury nous laissait espérer une série de qualité, celui de Canal + moins, la chaîne étant coutumière de production vulgaire, racoleuse et peu intelligente.

Et malheureusement, il semble que Canal + ait eu le dernier mot.

Cette première saison commence plutôt bien avec un premier épisode qui expose l’atmosphère de ce Paris du début du siècle, secoué entre autre par l’affaire Dreyfus. La scène avec le président Félix Faure était attendue, elle ne doit pas décevoir les fans de l’anecdote, mais elle n’apporte pas grand-chose à l’histoire, si ce n’est d’introniser le personnage de Meg Steinheil (Evelyne Brochu), future espionne peu crédible dans ce rôle (elle est plus à son aise à genoux aux abords d’un canapé).

Par la suite, l’atmosphère politique de Paris est reléguée au second plan, l’enquête d’Auguste Jouin occupant le devant de la scène avec les déboires du préfet et de sa femme. Quelques scènes frôlent le ridicule comme lorsque Jouin se découvre quelque peu hâtif lors de ses ébats sexuels avec Jeanne Chauvin (Eugénie Derouand) ou lorsque la femme du préfet se perd dans des parties de thé peu orthodoxes.

A défaut de raconter l’histoire complexe de cette France divisée en deux sur le sort de Dreyfus et menacée par des forces d’extrême-droite, la série se perd dans une enquête aux multiples rebondissements qui masquent mal la simplicité du propos. L’enquête résolue, les scénaristes ménagent au spectateur une énième scène un peu vulgaire avec le préfet et sa femme. Il faut bien finir comme on a commencé. Et le spectateur est quelque peu triste de voir un « si belle » époque décrite avec aussi peu de subtilité et de nuance. Mais on est sur Canal +, il ne fallait pas s’attendre à bien mieux en matière de série historique.

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