Black Snow de Paul Lynch

Second roman pour cet écrivain irlandais, particulièrement talentueux. J’avais adoré con précédent, Red Sky in the Morning, j’étaits donc impatiente de retrouver cet auteur.

L’histoire se situe dans le Donegal, nord-ouest de l’Irlande, dans les premiers mois de 1945. La guerre est toujours l’actualité, mais elle semble bien loin pour bon nombre de paysans irlandais, et parmi eux Barnabas Kane. Le roman s’ouvre sur une unique scène qui va influencer toute la suite du roman, un peu dans l’esprit de certains romans de Ian McEwan (je pense notamment à Enduring Love). Alors que la nuit tombe, une lumière détonne dans le paysage et amène à elle des villageois inquiets. L’étable de Barnabas dans laquelle il garde ses vaches a pris feu. Il tente, aidé de son commis, Matthew Peoples, de faire sortir le bétail du bâtiment en feu. En vain. Barnabas survivra, mais pas Matthew. Commence alors pour le premier une lente et longue descente aux enfers…

D’abord parce que les villageois le soupçonnent à raison d’avoir forcé Matthew à entrer dans la grange en feu. Ensuite parce que contre l’avis de sa femme, Eskra, il a arrêté de payer l’assurance de la grange. Ils devront donc reconstruire tout avec leur argent propre, en comptant éventuellement sur l’aide des voisins. Ceux-là même qui vont progressivement se détourner du couple. L’obsession à reconstruire la grange flirte progressivement avec la paranoïa et va précipiter la chute de cette famille.

Un roman plus classique dans sa construction. Après la scène d’ouverture qui irradie le roman, la suite semble se dérouler sur quelques mois et se focalise sur les conséquences de l’incendie pour cette famille. Par touches subtiles, l’auteur dessine le portrait d’une Irlande rurale renfermée sur elle-même, peu accueillante (parce qu’il est parti quelques années aux USA et bien qu’il soit natif du Donegal, Barnabas est considéré et traité comme un étranger), engoncée sur un passé de pacotille (Barnabas commet l’irréparable quand, pour reconstruire sa grande, il se sert dans les ruines de maisons abandonnées suite à la famine, maisons laissées donc en négligence mais que les villageois semblent faussement vénérer), finalement peu vertueuse (l’entraide catholique existe uniquement dans les prêches) et extrêmement rancunière.

Des textes en italiques ponctuent la progression du roman, textes dont on ne connait pas l’identité du narrateur, mais qui décrivent souvent un homme, Pat The Masher (« Le Tripoteur »), personnage tout désigné comme le coupable idéal. La résolution finale n’est pas le point fort du roman. Si j’ai bien tout compris, les textes étaient écrits par Billy, le fils de Barnabas, désignant Pat comme le coupable alors que ce dernier était mort au moment de certains faits. L’idée prégnante en refermant le roman est celle d’une culpabilité diffuse et partagée entre les membres de cette famille et entre les villageois.

Un roman du secret, de la suspicion et de la rancœur. Pas franchement distrayant à lire, d’autant qu’il est très éloigné de l’image bucolique attachée à l’île. Un roman peut être trop à charge car ici la noirceur des hommes n’est contrebalancée par rien, même la nature semble de la partie dans cette gamme sombre. Le titre du roman qui fait référence aux flocons noirs de l’incendie suggérait une opposition entre deux extrêmes, ce qui n’est pas franchement poursuivi dans le roman. Noir, c’est noir !

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